Emotion·photo n&b·poésie

Le tombeau

le tombeau©Perle Vallens

J’ai regardé dans le tombeau et je n’ai pas compris
Je n’ai pas vu la mort du poème mais j’ai bu la force de la vie
J’ai pris entre mes mains les mots absents, je les ai inventés
J’ai pris entre mes yeux les images, elles m’ont caressée
J’ai lu la lumière sous le souffle, sous les pierres descellées
J’ai su que j’aimerais toujours cette lueur-là
comme un soleil dans l’ombre des cimetières
©Perle Vallens

Emotion·Erotisme·photo couleur·photo n&b·poésie·Short Edition

Peau bleue

peau bleue©Perle Vallens

Blafarde pensée
au sceau du lit
loin des remous
des draps froissés
Chasser l’ennui
l’indolente paresse
Aux deux seins se vouer
au ventre qui se creuse
à la force de la chair
la marelle des corps
parcourue à cloche pieds
sous une toile tarentule
un voile de doigts tendus
sur le bleu de la peau
©Perle Vallens

poème publié initialement sur Short Edition

Emotion·photo n&b·poésie

Gravé dans le noir

gravé dans le noir©Perle Vallens

Il faut caresser le noir dans le sens du poil
ou le sens inverse souffler sur la fourrure
égratigner l’encre et craqueler la lignite
du bout du doigt faire surgir les soleils
ceux d’hier et de demain
Il faut remuer le noir dans les paumes vides
essuyer les nuits d’un revers de main
chercher les reflets et chasser les frayeurs
des crépuscules sans fin
Il faut boire le noir d’un trait
s’enivrer de fumées et de cendres
avaler tous les charbons de toutes nos vies
en sertir le blanc de l’oeil pour mieux y voir
Il faut frotter le noir pour le faire briller
rallumer dans l’ombre les éclats dormants
réveiller la lumière au creux des abîmes
Il ne faut plus avoir peur du noir
©Perle Vallens

écriture·Emotion·photo n&b·poésie

Comme va le monde

Monde ©Perle Vallens
Pas d’équerre avec l’époque, la pensée de travers peine à se frayer un chemin parmi les autres. Incompris ou ignoré, emprisonné dans ses propres labyrinthes, aucun abri pour les incertitudes, nues d’une nudité censurée.
L’image restitue l’intraçable, l’apprêt ne rend rien.
Je ne sais pas si le monde est perdu ou si nous sommes perdus dans le monde.
©Perle Vallens

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Toi

Toi ©Perle Vallens

Toi, tu voyages avec moi, je t’emmène partout sans valise, tu n’es pas encombrant, juste une voix et une image.
Toi, je te mange chaque jour, je t’ai dans l’estomac. Parfois je te digère mal. La faute aux coups de poing. Quand le cœur redescend dans le ventre. Un trop plein de trop vide.
Toi, je sais bien que tu existes pour de vrai quelque part, mais je t’invente tous les jours et je me raconte des histoires, je te glisse dans des livres.
Toi, si cela ne suffisait pas, il faudrait te recréer, jour après jour, un dessin d’homme au bout de mes doigts.
Tu vis dans ma tête, tu ne le savais pas ?
©Perle Vallens

Emotion·photo n&b·poésie

Plupart du temps

plupart du temps ©Perle Vallens

Dans les replis de ma vie
j’ai trouvé des souffles
comme des courants d’air
des fantômes et des ogres
des personnages effacés
des visages perpétuels
des grimaces oubliées
des terreurs, des désirs
des yeux troués
des murs traversés
des amours immortels
et une tristesse qui traverse
la lumière des fenêtres
©Perle Vallens