Les salives débordent des bouches et avec elles les mots qu’on a empêché de sortir cloués au mérite de la gorge s’imbibent d’un jus trop épais pour passer
C’est un crachat mélancolique un trop plein sans calcul sans considération qui qui n’a pu entendre prononcer qui n’a pu claquer en retour sa réponse à la non question
Les bouches sont des cloaques d’où s’extirpent avec peine les dernières volontés de la journée clapotis tendres en va et vient dont on ne sait s’ils ont encore un sens
Les vœux se chantent selon ciel clément selon clavier bien tempéré on laisse traîner un peu de Bach au palais pour éviter le pourrissement une mesure ou deux suffisent à apaiser la canine plantée dans les aigus la molaire sur la langue râpeuse qui écorche le nom suffisantes à diffuser songe lénifiant sa lotion de toujours
Combien de kilomètres avant les dernières notes combien de temps avant le dernier tempo lent fondu dans les bouches
ce que je déracine c’est une langue courbe mal définie imprononçable avec vue plongeante sur nos mots crus désarticulés auxquels manque l’écarteur pour les mettre à nu nos silences à cran d’arrêt sur images que je réduis à des restrictions syntaxiques traduire c’est trahir Perle Vallens
itgirl badass avatar vraiartpiece est apparition subliminale ultra_HD_faceavant smog-effect comme disparition progressive du visage (identité non compatible)
ton écran 4K de gamer 2x-plus-de-stockage 120-fps pour fille plus ___fluide plus floue ou plus folle fille fondue au noir à la fin Ctrl+Shift+S commande défectueuse la fille ne se capture pas
l’escapekey est une clé comme les autres dont on ne sait ce qu’elle ouvre ne sait quel chemin emprunter pour repixeliser les contours les couleurs (RGB file failed) espace |||||||saturé
stresstest sur itgirl celle son déficit de popularité celle sous bad influence ou bad influenceuse celle dissoute en streaming elle dit message me
itgirl ou camgirl elle remaquille sonton espoir blushing ta libido démasquée (surex) elle dit love-you-all repeat repeat repeat please itgirl n’est pas yourgirl
[It girl][http://www.itgirl.com/itgirl.jpg] error 403 – Forbidden contenu invisible peut-être effacé #lafille perdue dispersée dans le cloud
on se rencontre et d’abord soi par la chair tissés ensemble nous nous glissant nés à nouveau dans ce réseau d’ondes ondées à demi bues nous résorbant dans nos révoltes couchant dans la lie du monde ses envers nous y vautrant avant d’avoir vu d’avoir assez respiré d’avoir ouvert des plaies avant d’avoir entendu l’alarme sans savoir qui l’avait déclenchée Perle Vallens
Je plie et avec le corps tout vient le regard sort avant le reste en roue libre brûle tous chemins restés vacants la hanche moulée est bras de mer où murmure la main la langue agitée se perd dans son tangage rien ne délibère l’abandon la dérive parlent pour la bouche et mieux qu’elle ployée pendue à la houle d’un ventre Perle Vallens
Parquet lisse, trop lisse. Ça glisse. Trop. Il faut la colophane. Etaler en couches successives, là où ça glisse. Ne pas frotter, ne pas ramper, ne pas essuyer le surplus, garder une couche suffisante. Dessus les chaussons tiennent. Ils tiennent bon. Ils tiennent droit, debout les demi pointes, les pointes, bien enrubannées autour des chevilles. Les collants, dessous, amovibles, c’est plus facile. Peut-être les embouts de silicone. Ou en mousse. Ou les tubes pour les gros orteils (en silicone et élastique recouvert de tissu). Peut-être le sparadrap. C’est pour protéger. Avant elles mettaient des escalopes de poulet ou de veau, tu te rends compte ? Ou peut-être les pédilles pour un peu moins glisser encore, ou pieds nus juste si danse contemporaine ou jazz. Le pied accroche. C’est la corne formée dessous à force de danser. C’est la sueur qui colle au bois vernis, au plancher de la scène. Le pied. Le coup de pied, parfait bombé, cette courbe, la tension, la force, l’élan. Tu te vois au miroir, front dégagé et chignon net, bien tiré. Le justaucorps ajusté. Tu ne souris pas tu te concentres. La figure, l’enchaînement, l’entraînement. Adage, attitude, assemblé soutenu, pas de basque, pas de bourrée, brisé, grand battement, pas chassé, contretemps, déboulé, dégagé, demi-plié, dégagé, demi-plié, pirouette, piqué, jeté, fouetté, glissade. Travailler son écart, son en-dehors, sa position, son port de bras, épaules tirées, dos droit, et tirer sur les pointes et garder sa couronne. Répétition de la variation, du pas de deux, On dit déchiffrer puis répéter encore et encore, jusqu’à la blessure. Enfin juste avant. A la limite. Ce sont les endorphines qui font tenir. L’ivresse de la danse. Ça tourne, ça tourne, ça tourne la tête. Et l’envolée quand tu t’élèves bien au-dessus du sol, de toi, du public. Perle Vallens
Ecrit ( par accumulations en suivant la façon de C. Tarkos) en hommage à ma dancing queen.
A un moment on se. On se quitte. A un moment il y a des rails, un métro, un train, une voie de séparation. A un moment le monde se voile. Il se délabre et s’éparpille. Il se disperse. A un moment quelque chose se creuse à l’intérieur, un lac immense qui déborde. A un moment je marche dans une flaque plus grande et plus lourde que moi. Je m’arrache à la flaque mais c’est trop tard, j’ai déjà fondu. Je marche liquide sans savoir où je dois poser mon pied. Ce qui se nomme garde-corps ne garde plus rien qui a fuit par les pores, qui se frotte à l’asphalte sans rien à se raccrocher. Les passerelles sont faites pour passer, les ponts pour sauter. Le pas. Le parapet. Les pas perdus. Le prêt-à-tomber. Où est mon parachute ? C’est trop tard, mon visage est passé par dessus-bord. Perle Vallens
VuLe flambeau m’a fui Le feu m’a fondue quand le bois m’a brûlée L’oiseau m’a piqué de son bec avec de la cruauté dans le regard Le renard a mordu mon ombre La peau m’a trompée m’a tordue au bord du gouffre
Que veux tu me dire que tu n’oses pas ?
Je t’aime avec l’enfant qui flotte en moi Je t’aime avec ma fureur et tous ses tremblements Je t’aime avec les mains lourdes de sens et de senteurs avec ma peur de mal faire de ne plus savoir comment effleurer
Comment doit-on s’y prendre pour se défier ? Où flotte le peu l’insuffisant l’insalubre ? Où puis-je ne pas trouver l’insupportable vérité ? Sur quel bouton reset où reloader ?
Je t’aime avec mon téléphone qui clignote et s’éteint qui ne dit rien de plus qui ne géo-localise aucune logique ni aucune réponse Je t’aime avec tous mes écrans fluides et non genrés je t’aime queer quidam d’un amour maquisard (qui l’eût cru) Je t’aime comme je te parle avec une langue insuffisante qui ne fouille pas assez qui rechigne à entrer dans les trous du monde
Où ai-je mis mes caresses où mes traces désertées ?