Merci à Benjamin/Captive éditions pour cette nouvelle sélection dans la revue Miroir qui inclut un poème écrit sur consigne d’écriture de Laura Vazquez.


Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Merci à Benjamin/Captive éditions pour cette nouvelle sélection dans la revue Miroir qui inclut un poème écrit sur consigne d’écriture de Laura Vazquez.



Tous les soirs, il la regarde se coiffer. Elle se laisse regarder. C’est comme s’il la touchait. Elle se laisse tomber dans son regard, sans filet. Elle effiloche son visage et lui laisse une ficelle pour qu’il puisse la suivre dans son sommeil.
Tous les soirs, elle se déshabille devant lui en espérant que quelque chose se passe. Qu’un mot soit lancé. A la volée, le rattraper, le garder au chaud, effacer les silences. Mais elle disparaît dans les non-dits. Sa nudité n’offre rien de plus que sa nudité.
Tous les soirs elle espère. Elle essaie de susciter mais ne sait pas bien comment s’y prendre. Elle a l’impression de s’estomper au bout de ses yeux. Elle espère être là le lendemain, elle espère qu’il la voit toujours. Au moins ça.
Tous les soirs, elle a peur. Elle a peur du noir qui embue la chambre. Elle a peur que le monstre sous le lit se réveille avant elle, avant lui. Elle a peur qu’il la surprenne dans ses rêves. Elle se demande si lui ou le monstre, ce n’est pas la même chose.
Tous les soirs, elle a peur de ne pas se réveiller.
Perle Vallens
D’une vidéo prise dans la Drôme, un arbre glacé, sa fonte au soleil, dégouttant son eau, voici un vidéo-poème de saison…
Paru déjà depuis dimanche, ce numéro de Lichen daté janvier est aussi la première parution de l’année, avec deux poèmes extraits du recueil à venir Solo.



je me dilue dans un 31 décembre à bulles
c’est si facile de disparaître dans une flûte à 12 degrés
zéro brut nature c’est toujours zéro
l’alcool sait si bien abolir le je
Perle Vallens

Demain est un do it yourself comme un autre
Il suffit de mettre les doigts dans l’engrenage
et se laisser entraîner
Tu te dis ça va bien se passer
(pour l’instant tout va bien)
Tu vis au rabais pour durer
Tu te passes en heures creuses
Cet attrait du vide comme du moindre coût
te fait tenir
Tu comptes les heures qu’il te reste dans ta time-line
Tu te dis ça va bien se passer
(pour l’instant tout va bien)
Tu comptes les points contre l’adversité
pour l’instant t’en sors vainqueur
Tu caresses tes promesses dans le sens du poil
Tu t’auto-likes tous les matins au miroir
tu fais de toi une bonne affaire
c’est un encouragement de courte durée
un emprunt non remboursable à souscrire chaque fois
que tu penses au pire
ta politique du pouce levé comme antalgique
smile de travers mais smile quand même
Perle Vallens
A l’initiative de Marilyne Bertoncini sur Embarquement poétique, une chaîne poétique s’est formée sur le thème Fleurir l’hiver, en reprenant un vers d’un précédent poème de la chaîne. C’est un vers de Jacques Cauda que j’ai repris, joli clin d’oeil à Odilon Redon, comment aurais-je pu passer à côté ?




L’heure se traverse seulement dans un sens
nous assemble seulement dans un sens
qui semble le seul possible
nous nous efforçons de nous assembler
dans cette heure qui passe plus vite que l’assemblage
forcément interrompu par tout un tas de facteurs
parfois indépendant ms de nos volontés
dans l’heure nous rassemblons de quoi réduire l’espace entre nous
force est de constater que ce qui s’accroît dans l’heure c’est l’espace
et l’étroitesse de ce que l’esprit dicte au détriment du cœur
on se demande régulièrement comment inverser la tendance et remplir cette heure de formules d’assemblage imparables
mais imparfaites à parfaitement nous assembler
nous nous rendons compte que les équations sont à variables imprécises
qu’il existe bien trop de paramètres de combinaisons trop complexes pour poser aisément les termes
qu’il n’existe aucune formule définie pour résoudre le problème de l’assemblage entre nous
Perle Vallens

parade nuptiale auto-tamponnée
l’époux l’épousé n’est pas celui qu’on croyait
plenty plenty puis rien
pile quand le cœur s’arrête de battre
l’amorce d’un feu jusqu’à extinction
d’un aplat photographié faire selfie DIT-ELLE
pour se réapproprier l’histoire