atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·poésie

comment nommer

Comment nommer ce qui ne se nomme pas ?

Je souffle sur une lettre pour en faire naître une autre, pour attraper un son qui dise, un signe qui parle

Je dis : exprime-toi
Je demande au ciel
sa couleur
celle du temps ne se prononce pas
elle se dilue dans le cri
de la pluie
la couleur des visages
disparaît

Je dis : exprime-toi
Je demande au vent
son tissage
c’est un secret qu’il ne partage pas
avec moi
c’est un secret pour les arbres
et les plantes
un secret souterrain tracé
dans les graines

Ils se foutent bien du nom qu’on leur donne
Ils préféreraient rester anonymes
et intacts

Je dis : exprimez-vous
mais ils se taisent
ils se confient aux oiseaux
leurs nids de sépulture
sans épitaphe
les forêts parlent
d’une seule voix végétale
minérale
animale
j’appartiens

Je m’adresse à la forêt
Je dis : exprime-moi
dresse un portrait de fumure
de litière
dessinée au fusain d’incendie
la brûlure
du pin je renais
de ses aiguilles
je suis ici
sans nom

Perle Vallens

photo n&b·poésie

Froid

Le froid s’installe dans le corps dans une atmosphère tremblante
dans un ciel soluble
rien n’est suspendu aux branches que ce froid liquide
jusque dans mes ongles
feuilles à terre baignant dans leur jus
dans mon sang
se dégivre un appel long d’années
embrassés le tronc et le lierre emprisonnent
un reste de chaleur

Perle Vallens

Actualité·écopoétique·collectif·exposition·poésie·Revue littéraire & fanzine

Exposition foehn au centre Wangari à Paris

Depuis septembre a lieu une exposition poétique et graphique organisée par le collectif de la micro revue écopoétique foehn au centre Wangari à Paris (porte de Montreuil). Il y a eu un vernissage, des lectures auxquelles je n’ai pu participer mais lors de mon séjour récent pour le salon de la revue, je suis allée me perdre dans cette « forêt » de poèmes, les lire et c’était beau. L’exposition dure jusqu’à la fin du mois, il y aura alors aussi un finissage (je n’y serai pas non plus). Voici un retour en images :

poésie·prose

fin de saison

Frotte l’air, aigrette comme élytre, froissée sa force de fin de saison, pétales grippés, secs, écrasés de vent, une craie bercée ou un fusain, un bruissement de fanaison.

Perle Vallens

Illustration :John Singer Sargent, Dans les oliviers à Capri, détail (exposition actuellement au musée d’Orsay)

photo n&b·poésie

temps pluvieux à orageux

des rives d’une pluie intacte non encore coulée
mimer le bruit des vagues et celui d’avant l’orage
sons lourds passent lentement de l’air
à la menace
le souffle danse sa valse au fond du ventre
nourrir le vide en attendant le battage
du tonnerre le cœur
tambourine par avance
la rage est un mot impossible à prononcer
la bouche ouverte chercher un autre langage
dans l’espace entre le silence et l’oubli
elle s’essaie à l’absence
le doigt sur la gâchette de l’infiniment
pour se donner une contenance
l’eau roule sa sueur
jusque dans ses mains
elle se laissera chavirer par la pluie

Perle Vallens

collaboration artistique·poésie·prose·vidéo·vidéo-poème·You Tube

Dans l’agonie des derniers jours (dit-elle)

Ce nouveau vidéo-poème est né d’une rencontre à Arles avec la photographe Florence Moniquet et en particulier une de ses photograhies qui m’a propulsée dans l’univers durassien.
Avec mon amour pour Marguerite Duras, voici un montage en hommage à l’autrice, son amour pour la mer, personnage récurrent de son oeuvre textuelle et cinématographique.
Avec aussi en écho une pièce écrite dans le cadre de sa thèse de recherche-création par Camille Protar, doctorante à l’université d’Avignon.

Le vidéo-poème associe une de mes captations vidéos en mer Méditerrannée (et une photo de la lune au début), un texte écrit et mis en voix, des extraits audio (cut up son) de Marguerite Duras et une photographie de Florence Moniquet.
Bon visionnage !

100 jours·photo n&b·poésie·vidéo·vidéo-poème·You Tube

Voix synthétique

le corps en transit au fond d’une voix
blanche mate
aphonie d’une cellulose sans acide
ventre enfermé dans voix fantôme
qui m’enfile comme un gant
la voix est une surface sans vide
elle ne m’endommagera pas
elle me mangera me gobera
tout rond

Perle Vallens

Micro vidéo sur un court texte (et autoportrait/génération d’ondes sonores) dit par une voix synthétique et non la mienne. Partagé sur instagram pour les 100 jours d’écriture (jour 95)