Deux étudiants du Master de création littéraire écopoétique d’Aix-Marseille ont eu la bonne idée de nous organiser une mini résidence alsacienne Caravane-Caravelle dans l’éco-lieu du Langenberg à Wissembourg, une soirée in situ et deux autres dans le cadre du Printemps des poètes à Strasbourg, à la librairie Gutenberg les 24 & 25 mars de 19h00 à 21h00. Les trois soirées sont ouvertes à tous, sur inscription pour les deux dernières.
Une sortie de résidence est prévue le samedi 21 mars à partir de 20h00 dans le cadre d’une soirée plus large poésie/slam et DJ set.
Hormis les deux soirées de scène ouverte à la librairie Gutenberg, des ateliers seront proposés, sur inscription (avec jauge limitée) :
Une lave bouillonne dans tes veines explosive en fusion dans le cortège où se défile le sourire mâle / qu’on pourrait mordre ce qu’on exige s’écrit sur pancartes et se crie / que nos voix unies disputent à tant de silences ceux des complaisances et des effacements ceux des abandonnées
en vain tu cherches dans les visages / l’écart entre la grimace et la justesse comment deviner si la honte / a changé de camp tu te demandes combien de regards noirs se jettent sur nous depuis le début de la manif nous toutes femmes en rang serré nos colères puissance 10 face aux violences exponentielles dites vss / l’acronyme a goût amer d’acrimonie la langue touille dans les non dits / les not-all-men les insultes et les coups bas / comme noeuds coulants resserrés sur le cou de nos soeurs
on compte les corps de celles / absentes qui s’accumulent se dénombrent les noms entassés en colonnes comme tasseaux de bois mort / démembrements de forêts combien décimées depuis le début de l’année on se demande combien de / féminicides on cherche dans les chiffres qu’on voudrait effacer de quoi raviver nos forces vives / insurrectionnelles on cherche dans nos épaules de quoi ouvrir des brèches de lumière dans l’obscurité
Perle Vallens
Poème lu hier lors du Printemps des poètes au théâtre municipal d’Orange.
En 2025, le Printemps des Poètes se veut explosif, puissant, vivant : Volcanique !
Rendez-vous mercredi 26 mars à 15h00 au théâtre municipal dOrange à l’occasion du Printemps des poètes à l’invitation de l’association Orange Passion Livre, avec Le Café Littéraire d’Orange, la librairie d’Orange bleue et les ateliers d’écriture “Plume de soi”. J’étais marraine de l’événement il y a deux ans, j’étais présente l’an passé et j’y serai à nouveau cette année. J’y lirai un poème inédit.
Dans le cadre du Printemps des Poètes, la bibliothèque Cézanne d’Aix en Provence organise une semaine d’événements : lecture (notamment itinérante avec zebus), concours de poésie, contes, apéro-poésie… avec les locaux, scolaires, publics de la bibliothèque. J’aurais la joie de participer à une journée de rencontres le 23 mars 2023. Au programme, lectures et atelier d’écriture sur le thème Frontières.
Poésie sans frontière 23 mars de 9h à 12h – Bibliothèque Cézanne Rencontre avec les poètes Perle Vallens et Jean-Luc Irondelle avec deux classes du Collège de Saint Eutrope. Deux types de poésie pour un seul thème : Frontières.
Café gourmand et poésie 23 mars de 14h à 16h – Bibliothèque Cézanne Deux poétesses Perle Vallens et Junie Lavy vont venir à la rencontre d’un public féminin appelé à devenir autrices le temps d’un café gourmand.
Rendez-vous le mardi 14 mars à 15h00 pour des lectures poétiques au parc Gasparin à Orange (Vaucluse) que j’ai le plaisir de marrainer. L’événement est organisé à l’occasion du Printemps des Poètes par l’association Orange Passion Livre en partenariat avec la librairie Orange bleue, avec les lycéens du Lycée Aristide Briand et les membres du Café Littéraire d’Orange. J’y lirai des textes dont des inédits, sur le thème Frontières, ainsi que des extraits de ceux qui m’aiment.
A l’invitation de Adeline Miremont-Giustiniani, j’ai assisté à son atelier sur le thème de l’Autre, à l’occasion du Printemps des Poètes 2023 – Frontières. Elle s’est appuyée sur divers textes ainsi que sur des encres de Marc Laot, actuellement visibles à Cherbourg (jusqu’au 12 mars). NB Adeline Miermont-Giustinati a fondé une association pour promouvoir la poésie dans tout le Cotentin. La Péninsule propose des lectures, des rencontres et des ateliers d’écriture. Un soutien pour un soutien à la poésie…
Je mets ton visage dans le mien J’en fais le tour et c’est comme t’entourer entièrement comme cerner de près comme encercler ton sourire dans le mien comme me laisser bercer dans son contour Je mets ton œil dans mon œil et c’est tout ton visage qui déborde qui s’invite sur mes lèvres Ton visage me dit quelque chose de ta vie de ton pays me dit une façon différente d’être toi d’être moi Ton visage comme une caresse restreint l’espace se fait miroir où je me regarde comme je te regarde Ton visage se reflète se définit comme semblable comme fraternel comme fruit d’un souffle commun cet air qui circule entre nous que nous buvons tous deux que nous partageons Ton visage ne se refuse pas il s’offre il s’élance et n’a d’assaut que sa transparence que sa force tranquille et sa quiétude Je reçois ton visage comme un cadeau
…
L’autre : celui d’ici ou d’ailleurs, celui qui vient de loin ou de tout près, celui qui a fait un long voyage ou qui a seulement traversé la rue, celui dont je croise le pas ou le regard
L’autre : celui avec qui je partage plus que je ne saurais dire, celui qui me frôle ou qui me touche, celui qui me suit ou me précède, celui qui ne s’enfuit pas, celui que je regarde sans doute ni peur, celui que je prends dans mes bras
L’autre : celui qui ne sait pas qui je suis, dont je ne sais pas qui il est, celui que j’observe de loin, celui qui s’arrête au bord de ma route, celui qui emprunte la même voie que moi, celui qui m’accompagne une heure, un jour, un mois une vie
…
Tu as dans le regard un feu qui ne s’est pas encore éteint il reste un frémissement d’après la brûlure d’après l’intense brasier d’après les douleurs
Tu as dans le sourire la force de toutes les femmes, la patience et la sérénité, la perception de ce qui doit être et de ce qui sera
Tu as dans le menton cet air calme de monument, cette pliure d’avoir été mère et l’apparence tranquille, décidé d’une existence qui a chanté autant qu’elle a pleuré
Tu as dans l’ovale de ton visage, la sculpture de tous tes instants de vie, l’équilibre entre les racines profondes et la fleur décidée à s’ouvrir encore
Tu as l’aura et la grandeur qui dépassent les statures, qui transperce et terrasse l’adversité
Car tu as traversé tous les âges de la vie et tu es toujours là