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La Laune, jour 2

Suite des vidéo-poèmes de résidence à La Laune, chez les avocats du diable/au diable vauvert. Deuxième jour.

Si la vidéo se clôt sur une journée en intérieur,il s’agissait surtout de la matinée. Le soleil est arrivé en début d’après-midi et je suis finalement sortie marcher alentours.
Moins d’animaux sortis, peu d’humains sur les chemins, on était samedi, et surtout week-end de féria, et tout le monde est probablement à Nîmes, comme tous les afficionados de la maison d’édition.

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La Laune, jour 1

En résidence pour 15 jours à la Laune (Vauvert), avec  avocats du diable/au diable vauvert, je vous propose un journal sous forme de vidéo-poème à suivre, quotidiennement si c’est possible, ou tous les deux jours, ici, et sur youtube (et bien sûr instagram et facebook). Voici le premier jour :

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En résidence à La Laune, au diable vauvert

Je suis en résidence pour la seconde fois à la Laune, au diable vauvert, résidence d’écriture que gèrent les avocats du diable, et ce pour 15 jours, durant lesquels je travaillerai à un nouveau récit. Je tiendrai comme en juillet 2022, un genre de journal poétique de résidence. A suivre…

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Discussion et lecture à la médiathèque d’Aigues-Mortes

A partir de demain et jusqu’à la fin du mois, je serai en résidence à l’invitation des Avocats du diable/au diable vauvert, à La Laune (Vauvert) en petite Camargue, pour la seconde fois (la première c’était suite au Prix de la Nouvelle Erotique dont j’étais la lauréate 2021). A cette occasion, je serai mardi 21 mai à 18h00 à la médiathèque d’Aigues-Mortes, l’une des trois du réseau Médiathèques Terre de Camargue, pour un échange animé par Philippe Béranger des avocats du diable/au diable vauvert, et des lectures (peggy m., ceux qui m’aiment et divers autres textes publiés en revues notamment).
Si vous êtes dans ce coin-là à cette date, venez, je serai heureuse de vous y croiser (et j’aurai quelques exemplaires de livres avec moi : peggy m., ceux qui m’aiment, Faims, Que jeunesse se passe).

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Interview par les Avocats du diable

Suite à ma résidence d’écriture à La laune, chez les Avocats du Diable / Editions au diable vauvert au titre de lauréate du Prix de la Nouvelle Erotique 2021 (dont j’ai écrit chaque jour mes ressentis sous forme de journal), une interview a été réalisée par Philippe Beranger, sur mon expérience d’écriture et d’autres sujets artistiques qui me tiennent à coeur.
Elle est diffusée en 5 volets sur la page facebook des Avocats du Diable Résidence d’écriture.

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Résidence d’écriture : dernier jour

Hier, c’était le dernier jour de résidence. Trois semaines, ce n’est pas rien. Ce n’est pas vraiment isolement mais c’est l’assurance d’écrire à son rythme. Parfois tôt le matin, sans risque de gêner le sommeil des autres. Parfois le soir à l’heure prétendument du dîner. Ne pas avoir à s’arrêter parce que c’est l’heure du repas, de pas avoir à tenir compte de l’emploi du temps.

C’est jour de bilan. Même si en réalité, on se le dit depuis plusieurs jours, même si Philippe Béranger des Avocats du Diable a réalisé une vidéo il y a quelque jours, qui fait le point après plus de deux semaines de résidence (on en reparlera).
L’endroit est reculé, à plusieurs kilomètres de Vauvert et du Gallician, dans le hameau de La Laune. Autour, quelques présences humaines et animales, et la quiétude propice à l’écriture. Une belle expérience donc, qui pourrait bien se renouveler…

Hier était encore un jour de résidence, même si en pointillés puisque jour de nettoyage, de rangement, de bagage. Journée de transition. Aujourd’hui est un retour à la vie normale, jour de réacclimatation. Changement de rythme, donc, et reprise d’anciennes habitudes, en essayant toutefois de (re)trouver une routine et peut-être un rituel d’écriture.

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Résidence d’écriture : jour 20

Toute seule chez les diables une grande partie de la journée. Ce n’est pas la première fois mais cela vous a une impression étrange de finitude.
Il est vrai que la résidence touche à sa fin, que mon co-résident (Laurent Whale avec lequel j’ai eu plaisir à partager ce moment-là) est parti en début d’après-midi, avec Philippe Béranger (qui a filmé une interview à midi). J’attends demain qu’arrive le suivant qui lui aussi sera très très au calme pour écrire (Christophe Siébert vient comme Laurent en tant qu’auteur « maison » des éditions au diable vauvert).

Le soleil que le vent avait adouci s’obstine dès que tout le monde est parti. Il le fait exprès. La lumière me traverse lors de ma dernière sortie dans le jardin, juste avant le calfeutrage d’après-midi. Je ferme les écoutilles, en mode sous-marin. Je ne mettrai le nez dehors que lorsque les températures auront un peu chuté, quand l’infime premier soupçon d’air augurera un début de fraîcheur salutaire.

Cet air de fin du monde au milieu de la lande camarguaise se renforce à la tombée du jour. Ce grand calme de grand milieu de nulle part.
Les ombres me taisent leurs noms. Je leur confie mon corps une dernière fois. Je confie mes mots au silence. Il les gardera secrets.
J’émiette ce qui me reste de temps à passer ici. Je parsème sur ma peau encore un peu de l’or du soir. C’est la même lumière ici que chez moi, elle m’est familière mais elle éclaire autrement mes pensées dans ce paysage.
Sa coulée lente m’éclabousse une dernière fois.

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Résidence d’écriture : jour 19

Enfin, il a plu. Plusieurs fois, plusieurs sentiers de pluie sur nos épaules, plusieurs sillons de joie dans cette journée de festivités (toujours au Gallician).
La pluie a dessiné des rondes dans les têtes. Des dizaines de têtes penchées au-dessus du canal depuis la passerelle.
La pluie a dessiné des ronds dans l’eau. On s’y absorbe comme dans le dessin des nuages. Ca fait des « ploc » qu’on n’entend pas.

A côté, des belges qui viennent chaque année acheter du vin, une Nîmoise originaire d’un village voisin, un grand-père qui mène son petit-fils voir le passage des taureaux, des touristes, des natifs… L’événement attire beaucoup de monde.
L’événement, c’est la gaze, le passage à gué de taureaux d’une rive vers l’autre.
À l’origine, au cours des transhumances pour passer des pâturages d’été aux clos d’hivernage (et vice-versa) ou pour pour conduire des taureaux en courses, les manades devaient franchir le Rhône, des roubines ou des parties d’étangs.
Certains taureaux s’élancent et traversent à la nage, d’autres refusent et réintègrent le char (camion de manade). L’un d’eux sort du point d’eau à mi parcours enfonçant les barrières de protection et s’échappe le long du canal, poursuivi par les gardians chargés de le rattraper (quelques clichés sur perlevallens.photo).

La tradition se perpétue, se transmet, se partage. Elle n’est pas nôtre mais elle nourrit notre imaginaire. Une ligne de code supplémentaire dans notre disque dur.
L’écriture a besoin de ces espaces entre, de ces moments de vie, pleins, denses. C’est sa matière. L’écriture a besoin qu’on soit au monde.
L’écriture a besoin de la vie.