atelier Laura Vazquez·poésie·vidéo·vidéo-poème·You Tube

Une main, vidéo-poème

Sur la base d’une consigne de Laura Vazquez, voici un nouveau vidéo-poème : Une main.

La main
est un souffle

vibrant
sur la paroi
usée
d’une peau

elle cherche
un creux
une porosité
où s’enfouir
loin
sous l’os
cimenté

elle cherche
une lumière
un bruit blanc
un refuge
où se joindre

la main ouvre
un espace

plus vaste
de plusieurs vies
non vécues

la main
est une bouche
muette
pour murmurer
plus qu’un seul nom

Perle Vallens

collaboration artistique·poésie·prose·vidéo·vidéo-poème·You Tube

Dans l’agonie des derniers jours (dit-elle)

Ce nouveau vidéo-poème est né d’une rencontre à Arles avec la photographe Florence Moniquet et en particulier une de ses photograhies qui m’a propulsée dans l’univers durassien.
Avec mon amour pour Marguerite Duras, voici un montage en hommage à l’autrice, son amour pour la mer, personnage récurrent de son oeuvre textuelle et cinématographique.
Avec aussi en écho une pièce écrite dans le cadre de sa thèse de recherche-création par Camille Protar, doctorante à l’université d’Avignon.

Le vidéo-poème associe une de mes captations vidéos en mer Méditerrannée (et une photo de la lune au début), un texte écrit et mis en voix, des extraits audio (cut up son) de Marguerite Duras et une photographie de Florence Moniquet.
Bon visionnage !

100 jours·photo n&b·poésie·vidéo·vidéo-poème·You Tube

Voix synthétique

le corps en transit au fond d’une voix
blanche mate
aphonie d’une cellulose sans acide
ventre enfermé dans voix fantôme
qui m’enfile comme un gant
la voix est une surface sans vide
elle ne m’endommagera pas
elle me mangera me gobera
tout rond

Perle Vallens

Micro vidéo sur un court texte (et autoportrait/génération d’ondes sonores) dit par une voix synthétique et non la mienne. Partagé sur instagram pour les 100 jours d’écriture (jour 95)

atelier Tiers Livre·écriture·prose·vidéo·vidéo-poème·You Tube

La voix dans la nuit

Nouvau vidéo-poème sur une consigne d’écriture proposée par François Bon (Tiers Livre)

Envoici le texte (qui précède toujours le vidéo-poème d’une courte tête (il est rare qu’il s’écrive pendant mais ça arrive, comme pour la série du vidéo-journal à la Laune).

Une voix dans la nuit, ça s’entend plus nettement que le jour. Tu marches dans ton insomnie et la voix te pousse comme une main dans le dos. Toi, rompue de fatigue mais infoutue de dire comment et quand il faudrait que le sommeil arrive, tu marches et la voix accroche les silences, quelque chose de sourd dans le souffle, tu ne mouftes pas, tu l’as reconnue.
La voix n’a pas de son. Tu ne peux pas rembobiner le murmure, tu ne peux pas faire de retour arrière vers les mots qui n’ont de toutes façon pas été prononcés. Dans la trachée c’est une contention. La voix enfermée ne sort que si tu l’y autorises et quand même elle est là, elle te défie, tu lui dénies le droit, ça suffit comme ça.
Au jeu du dedans-dehors, tu sais bien que tu n’es pas le plus fort, qu’elle finira par sortir et t’encombrer les bronches et peut-être bien la mâchoire si tu annones à ton tour dans le noir, mais alors ce sera par la voix. Toujours dans ton dos même muselée, elle se fait plus douce, façon de t’amadouer. Il faut bien que tu la laisses aller. Maintenant elle te précède, elle cherche à se faire remarquer, tu la verrais à l’œil nu à la lumière des led. Sur le chemin, la voix s’allume, elle grimpe et redescend dans l’ombre. Elle joue à cache cache avec tes nerfs. Tu te dis que la voix et l’insomnie sont de mèche, l‘une ne va pas sans l’autre. Tu sais bien que si tu t’endormais, elle se tairait. Elle se terrait. Petit monstre de voix sous le lit. Mais tu marches et le chemin n’est qu’une chambre intérieure où tu ne peux te coucher.

Perle Vallens