
Laisser en surface ce qui est fragile
qui surnage toujours
plus proche du corps
qu’on ne le croit
qui s’accroche au jour
comme une liane
entortillée aux apparences
à l’à-peu-près des images
que la vie donne à voir
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Laisser en surface ce qui est fragile
qui surnage toujours
plus proche du corps
qu’on ne le croit
qui s’accroche au jour
comme une liane
entortillée aux apparences
à l’à-peu-près des images
que la vie donne à voir
©Perle Vallens

Un cul comme une bouche
s’ouvre et se ferme
les mots au bord des lèvres
la belle jactance
l’exigence remâchée
pour se faire entendre
Le miel culier arrondi
aspiration en O
qui dit tout le bien
qu’on en pense
Le cul parle sa propre langue
de glandes molles
Le cul se dégoupille
la grenade pressante
et la détente
l’estomac dans les talons
goinfre de toutes les substances
l’absolue saturation
©Perle Vallens

Le mateur est une nouvelle à ne pas mettre sous tous les yeux, et la version lue, pas dans toutes les oreilles… Elle a été sélectionnée dans un opus des éditions de la Musardine très hot, Osez 20 histoires de sexe inavouables !
En voici un extrait, donc, sur soundcloud :
https://soundcloud.com/user-632733430/le-mateur-extrait

Je ne suis pas tombée. Pas plus bas que terre. Pas de la dernière pluie. Elle n’est pas tombée non plus. Juillet est un cul sec que rien n’abreuve.
Tout se caractérise toujours par la sécheresse ou l’humidité. La sécheresse des mots ou de la voix, l’humidité des yeux et du cœur. Trop sec, trop mouillé pour faire un être humain qui dort debout, bien droit.
Je ne suis pas encore tombée. Je suis un être humain qui ne dort pas, qui attend, debout, bien droit. J’attends que la pluie tombe.
©Perle Vallens

Ceux qui m’aiment ne sont pas légion mais ils vont à pied ou en voiture. Ils prennent rarement le train. Ils n’arrivent pas fatigués. Leur langue ne pend pas. Leur sexe ne pend pas. Ce qui pend parfois est l’âme, mal rangée, elle se débraille toute seule. Elle pend comme une langue, plus rouge ou plus noire, cela dépend de la lumière et de l’oeil qui regarde. Elle pend de façon obscène et reposante à la fois qui hésite entre l’exhibition et la maladresse. Elle ne sait pas trop où aller alors elle bée pendue bêtement.
L’âme placide et flasque des amants pend souvent au mauvais moment.
©Perle Vallens

Le sac que je porte sur mon dos fait de moi une voyageuse. Il est lourd de tout ce qui a été vécu et s’alourdit toujours un peu plus. Chaque heure pèse davantage que chaque première année de vie. Chaque pas me coûte plus que le précédent. Il ne s’agit pas tant de fuir la mort que de l’affronter au milieu des nuages qu’il reste à parcourir. Chaque poème est un nouveau nuage à traverser pour atteindre l’inatteignable.
©Perle Vallens

Tout calculer en base 2
c’est calculer sans à peu près
compter ses abattis
à chaque mesure prise
L’abus de binarité est-il mauvais
pour la vie à deux ?
Convertir la nature des êtres
selon un principe codé
une représentation essentielle
soi et les autres
Tu penses qu’il suffit d’écrire
de rationaliser les relations
La raison vraie dicterait
une déclinaison simple
de valeurs inversées
négatives sur le dos
de ses congénères
Mais il n’existe nulle
mémorisation du système
aucune conservation longue durée
aucun tableau ni algorithme
pour ranger les âmes perdues
©Perle Vallens

En lieu et place des papillons
sans effet sur les abus
de boisson
la camisole en guise
de chrysalide prise
au filet du désir
Le baiser du vent
empoisonne
les sauf-conduits d’horizon
et toute la luminosité
Une trouée grise
étendue prisonnière
encore une dizaine d’années
©Perle Vallens

Ellipse dans les plis
de grands pans de jour
que soulève certain avènement
dans l’ombre abaissée
dans la pleine lumière
se révèle alors toute l’ampleur
de ce qui fut nommé
la grâce ou la beauté
on ne sait plus très bien
©Perle Vallens

Prendre le temps de se regarder tant qu’on y voit encore, tant que la nuit n’est pas encore tombée.
Prendre le temps de se toucher, même de loin, d’un mot ou d’une main. Se toucher des yeux serait bien, se toucher en pensée comme on se ment, comme on se mange, comme on ne cesse de se poursuivre.
Prendre le temps de ne pas se parler, de ne pas se dire toutes les choses, de se taire.
©Perle Vallens