Nos bruits de meute est un nouveau vidéo-poème diffusé sur ma chaîne youtube. Il a été auparavant projeté aux Rencontres Estivales de la Velouse/festival Charly. Bon visionnage !
Elle (l’implorante)
Que fige le geste / elle / cherche dans l’intention ce qui fait face souffle immense / élancé / la direction d’un regard qui ne serait pas vide surplomb ou chute retenue / la brisure / elle / rompue / avant de gésir / l’agenouillée mesure l’espace de ses mains / ce qu’elle invoque / prière où passe / perdu à jamais / sinon terrassée / elle / densité de l’air / sa voix prise / l’appui / un vœu / elle / là s’entend un chant blanchi / désir est césure / pleine nudité / inclinaison / serait une dérive / quelle muse sinon elle-même déjà vaine / d’un âge polychrome / elle / agripper serait seule ressource possible / un gémissement / frémissante / son abandon / dément / d’elle / regard implore / dire l’invisible

Ecrit en atelier mardi dernier (visio) avec François Bon, du Tiers Livre (écrire sur oeuvre d’après Jacques Dupin).
Avec la mise en page initiale :

L’amour, ses quatre vérités sur Mange tes mots

Mange tes mots était au Poetik Bazar pour une session d’atelier et scène ouverte. L’épisode enregistré aux Halles de Schaerbeek le 24 septembre 2023 est diffusé sur Radio Campus Bruxelles (92.1) aujourd’hui à 18h00, en écoute ici : www.buzzsprout.com/1709377.
La version podcastée sera suivi d’un partage sur les plateformes Mange tes mots à 18h30, ce même samedi. Une playlist comme une constellation, qui abrite à la fois les textes aimés de l’appel à texte consacré à bell hooks, et les participations à l’atelier d’écriture mené au Poetik Bazar le 22 septembre 2023. Elle inclut notamment ma proposition l’amour, ses quatre vérités, aux côtés d’autres textes. Très bonne écoute !
En voici l’écoute sur soundcloud :
Photo-poème
L’un de ceux exposés au festival Charly en août-septembre 2023.

Peur blanche

C’est ce tube blanc qui luit
aveuglant dans l’obscurité
il brûle les yeux si on le fixe trop longtemps
il tressaille égratigne la prétendue quiétude
taille la belle assurance dans toute sa longueur
le cran fendillé vrille les nerfs
entame le cœur à coups de
grésillements
j’ai vu clairement le néon
grimacer
sa vibration perverse sonne un glas
le grondement d’une terreur sans contrôle
une crispation glaciale dans la nuque
lambeaux de courage ramassés repliés
sous l’accélération du pas
ma peur sous la semelle résonne
dans le trop noir du parking
Perle Vallens
Ciné-poème 34 : allure d’éternité
Rythme ralenti pour les ciné-poèmes, voici le n°34 sur un extrait de La mort en direct de Bertrand Tavernier, intitulé allure d’éternité.
corps giratoire

Ne sait pas par quel bout me prendre
par quelle main par quelle lèvre
me prends comme un rond-point
me tourne autour ménageant sa ligne droite
ou me contourne
semble chercher un panneau indicateur
qu’il ne trouve pas
mon corps mal signalisé peau mal balisée
ou serait-ce qu’elle manque de lumière
Ne sais quel chemin il prendra pour
sa sortie de route
Perle Vallens
Absence (2)

Il n’y a pas tant de façon de nommer l’absence
sinon le manque
la faim du ventre
ce qui brûle à l’intérieur
n’est pas le torchon mais petit sac de mots
et d’intentions
petite peau pelée
la dent dure de ne plus mordre
le geste ramassé roulé en boule
au fond de la mémoire
Perle Vallens
Absence

L’absence je ne l’enterre pas
je la laisse sécher à l’air libre
encore toute humide de la présence
elle dégage une odeur aigre et douce
persistante
qui coupe l’air que je respire
qui s’incruste
cette tache sur le linge sali de la peau
qui me pénètre
parce que les pores aime les choses passées
l’absence est vivace épidermique qui se ramifie
traversée de rhizomes je suis
une bonne terre à cultiver
L’absence est une graine que je plante
sans savoir ce qui poussera en moi
Perle Vallens
Soirée de poésie « Matrimoine » à Cherbourg
A l’initiative de la Péninsule-Maison de la poésie en Cotentin et organisée par Adeline Miermont-Giustinati, une soirée « Matrimoine » aura lieu le 29 septembre 2023 de 18h00 à 22h00 à Cherbourg. Au programme, un atelier d’écriture, une lecture performée de La cité dolente (ed Lanskine) par son autrice Laure Gauthier, qui est la marraine de la Péninsule. Vous pourrez également assister à la projection de vidéo-poèmes, ceux diffusés lors des Rencontres Estivales de la Velouse. Si vous êtes dans cette région, je ne saurais trop vous recommander cette soirée et l’écoute notamment de Laure Gauthier.

