photo n&b·poésie

Sculpter les silences

sculpter les silences comme des muscles 
bandés à l’extrême
en tension dans l’attente
c’est l’espace qui se distend saturé 
self défense un peu plus dense moins poisseux qu’un mensonge 
on peut toujours passer un coup d’éponge sur les pots cassés
et ramasser les mots comme monnaie d’échange
amassées sonne et trébuche contre
s’agenouille et empoche ce qui reste
de chaleur entre les soupirs
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Vérités digestives

ces mois en r propices au plaisir
à la chair délestée de ses humeurs nocives
à la mâche riche en oxygène
persistance aromatique intense
cette perception de l’amosphère à l’aveugle
te guide vers la bouche
bien imbibée la métaphore se goûte mieux
tu la glisses sous la langue et elle se met à se dire
elle s’éclaire à vue d’oeil sur les papilles
elle clignote avec un maximum de sincérité
la métaphore dirait tout ce qu’on attend d’elle
on la mangerait de bon appétit
on distillerait son jus d’image et sa clarté
jusque dans les gorges
elle scintillerait dans l’oesophage
elle faciliterait la digestion des moments difficiles
on ajouterait des descriptions pour lui tenir compagnie
on tirerait les ficelles des mensonges
on se raconterait des histoires basées sur des faits véridiques
qu’on réinventerait dans les ventres
cela nous ferait des creux et des bosses abdomidales
comme montagnes russes que l’on masserait
puis que l’on boxerait à mains nues pour que
finissent par se dire vraiment
nos vérités
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Dans l’oeuf

on enfonce du pied la peur dans le sable
on enfouit l’effroi qui vient de l’oeuf
celui qui nous pousse que l’on couve
de l’oeil pour l’empêcher de naître
on avorterait bien de cet enfant
qui ne nous veut pas que du bien
nos frayeurs varient avec l’âge
prennent de l’embonpoint
dans nos ventres
c’est un régime d’excès
c’est le poids de l’hypocondrie
et la peur de la mort
c’est vieux comme le monde
on se défait de ces phobies
qui nous servent de peau
nus de nos paniques pelés à vif
on ne s’enfuira pas
on trouvera assez d’influx
électriques
assez de jus pour déjouer
le manque de courage
©Perle Vallens

Actualité·livre pauvre·poésie·Revue littéraire & fanzine

Journey (extraits) dans Recours au poème

Parmi les recueils de poésie, certains envoyés ne rencontrent pas leur éditeur à ce jour mais un écho parfois dans les revues de poésie.
Journey est un assemblage déjà ancien né d’un très court séjour en Ventoux, créé autour de photographies, sa dimension s’est élargie aux paysages alentours depuis.
Il fait l’objet d’une publication de quelques textes dans la revue en ligne Recours au poème qui s’ouvre pour mars-avril 2022 sur un spécial poésie corse. Les extraits de Journey se trouvent ici.



Est actuellement en phase de retravail.
A également fait l’objet d’un petit livre papier, dans la veine des livres pauvres.


Voici certaines des photographies prises dans le Ventoux.

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·poésie

Eclaboussée

je me dirige à la baguette
je ne me passe rien
posture droite rigide du corps
et de l’âme verticalité
impeccable
je parque tout un troupeau
au garde-à-vous
dans mon ventre
toute vie contenue
rien ne dépasse
le vent souffle à travers sans rien déranger

il ne manquerait plus que ça
une tempête un tsunami
qui gronderait tout au fond
qui organiserait sa propre fronde
se lève descend en toi – même –
brise les ponants supprime le nord
ce grand désordre ourdi
cet affolement dans les flux
dans le flot qui jaillit
tout t’échappe tu ne gagnes plus rien
à empêcher

je me laisse ravager submergée par
quelque chose que je ne connais pas
la vague peut-être
de la vie
déferle devenue typhon
là où j’étouffais
mes poumons explosent
d’un rire inconnu
dans le gras du corps
un ras-de-marée
abrase l’horizon
et lance une lumière
douce elle coule
à mes pieds
je suis inondée
je patauge dans la joie
éclaboussée
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Lierre

Je ne confonds pas vitesse et précipitation
la végétation me mange des poux sur la tête
je me laisser envahir par le lierre
qui oblitère mes joues joyeuses et fraîches
mes joues de matin mal rasé
je me laisse envahir par l’étrangeté de la situation
par le jeu des plantes qui ne se lasse jamais
de grimper leur libre circulation
ruissellement par le bas de celles herbacées
qui veulent bien de moi parmi elles
belle fleur ou semi fanée
et cette voix de sémaphore
haute dans ma nuit
©Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·écriture·montage photo·photo n&b·prose

On dirait

On dirait que je serais une image, un effet transitionnel d’un esprit plaqué sur du papier. On dirait que je me découperais selon une ligne verticale pour me séparer en deux côtés, ou alors que je me replierais sur moi-même.
On dirait que quelqu’un cracherait son chewing-gum entre les deux moitiés de moi-même. On dirait que ça me collerait de l’amour entre les parties visibles du visage.
Là, à l’endroit exact de la bouche, sur les lèvres se déposent un baiser chaste qui hésite, qui a l’air de ne pas vouloir. C’est une autre bouche, celle qui a mâché le chewing-gum, celle qui se refuse à laisser plus de salive.
Mais là, on dirait que la salive arriverait par flots continus, par cascades, que ma bouche en serait remplie, qu’elle boirait tout et que cela déplierait la photo de mon visage, que ça le remettrait dans le bon sens, avec ma bouche en plein milieu.
©Perle Vallens