photo couleur·poésie

Inflammable

Je plaide coupable de trafic
d’émotions de troc 
de sentiments rackettés
Ce n’est pas vraiment une affaire de fric
c’est pour gagner ma croûte hautement inflammable 
c’est pour garder mon regard grand augmenté 
de toutes les causes perdues dans lesquelles 
on verserait une nouvelle version de kérosène 
C’est une histoire de feu dans la main 
déployé en braises à chaque fois
pour chaque vie tisonner comme on touille 
Je les sauve pour plus tard 
pour avoir chaud dans mes hivers durables 
C’est pour dire du bien au mal du monde
C’est histoire de setup pour cogner à 
toutes les portes et qu’à leur tour
elles prennent feu 
©Perle Vallens

écoute audio·hommage à·poésie·soundcloud

Purcell (hommage)

Déchanter Purcell
à l’oreille à la bouche
touche l’air musical
touche l’œil même
son humidité cachée

Lâche Purcell
décompte les armes
sous forme blême
d’enjambements
dans trachée vierge

Purcell avant silence
claque dans ta gorge
son haut vocal
sa chaleur de prodige
son déjà cuit au ventre

Te saisit l’énergie chantée
le sens ancien des tragédies
cette flèche à couleur d’étoile
qui t’atteint exaltée à l’extrême
limite Purcell au cœur
©Perle Vallens

Hommage au compositeur anglais Henry Purcell, en écoute sur soundcloud sur un extrait de The indian queen.

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·poésie

Froid

Fuis, froid
ton humeur broie
ce trop blanc
gel à prise rapide
fige trop vite dans les veines
ce que tu laisses à ma peau
bleuie cassante
crisse comme cristaux
me scie en surface

ton souffle gris
m’atteint avec la précision
de mille lames
m’entame ton vent
vif pure glace agglomère
en congères intérieures
m’entaillent gués à découvert
stalactites ou couteaux
ni ne montent ni

ton baiser n’a rien
d’ardent rien mais mord
dedans ma chair
frigide ce givre
que tu sculptes
dans mes entrailles
tes élégies me laissent
de marbre plaquée
dans mon hiver

mon feu finira bien
par te faire fuir
©Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·poésie

Stroboscopique

La tête danse sous un chapelet
de cheveux emmêlés
On passe sa main et c’est
comme chercher l’aiguille
dans la botte de nœuds


chaque incisive perce
le matin au même endroit
précisément là où il saigne
il faut laisser au jour
le temps de cicatriser



la lumière a des pulsions
fait des zooms exprès
des effets stroboscopiques
elle refuse de caresser le sol
à la fin elle se réfugie au ciel

©Perle Vallens