Emotion·poésie

Pluie acide (Paris brûle-t-il ?)

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Joseph Beuys et le coyote (performance 1974)

La nuit ne dissimule plus rien, elle ne cache plus les mensonges. Elle a arraché les masques, chasseurs en friches dans l’ombre des autres.
Si Babel s’écroule sous les coups, il n’y aura pas assez d’heures, pas assez d’écrous, pas assez de cœurs. Si Gomorre s’effondre, quel parapluie s’ouvrira sous l’avalanche ?
On ne voit plus les décombres, on ne tient plus les comptes. On dénombre juste les peurs. Il reste encore des cheveux sur les crânes.
Combien de temps avant que les loups ne sortent, qu’ils ne prennent la place ? Combien de temps avant que les fauves n’avalent à vue, d’avoir tant gueulé sans être entendus ? Combien de temps avant que le ciel ne s’abîme dans le feu, que le noir ne tombe sur nous ?
Attendre la pluie pour nettoyer tout ça, laver à grande eau les désarrois et les affronts, les afflux de sang qui coulent déjà.
©Perle Vallens