écriture·photo n&b·poésie

Beauté plastique

plastique ©Perle Vallens

Il y avait dans l’air une effervescence printanière, comme une évanescence, un air de déjà vu, ailleurs. Un souffle court égratigné d’hiver. Une balancelle entre les branches, un fuseau d’échappée blanche.  Une poésie d’altitude, d’incorrecte mélodie. L’impolitesse d’un envol.
Voir l’aile dans l’arbre entrelacée, la danse du vent, la chimère d’une transparence.
Voir les pampilles éparpillées, dans le pourpre de l’oeil, le pillage des saisons.
Voir la guirlande enneigée carbonique, la glace du coeur enfumée des givres absents.
Voir la peau bitumée, une caresse polyéthylène, la soie froide sur l’écorce.
Voir l’haleine grisée du bois, la brise pour l’ivresse, le tronc droit en son axe.
Voir l’âcre beauté plastique, la trace incertaine dans l’accroche du temps, une forme d’immanence ou une métamorphose.
©Perle Vallens

Clin d’oeil au petit homme au sac plastique de Vincent Es-Sadeq

Emotion·nature·poésie

Apesanteur

dav

Ici, une brume pèse de toutes ses ombres dans l’abandon du soleil. Elle pose ses nuées bleuies en nappes épaisses, les soulève du sol, les fait danser en  suspension. Elle souffle un flot si doux que l’oeil peine à le suivre de son regard de taupe.
Elle nimbe tout d’un voile flou qui s’accroche puis se déchire entre les bras si maigres des arbres.
La lumière fait semblant de se cacher, au loin. Elle épie d’un sourire timide, espère le lever de rideau.
Ici, le silence tombe en gouttes épaisses, en attendant l’oiseau.
©Perle Vallens