atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·poésie·prose

Uppercutée

Je vois. Ou peut-être pas. Peut-être que j’imagine. Peut-être que c’est un piège, juste une image. L’image d’une image. L’image dans l’image.
La beauté brouille ses pistes. La beauté abat ses cartes. Sans joker, beauté brute, immédiate. C’est l’image d’un soleil, l’image d’un éblouissement, d’un choc, d’un aveuglement.
La première fois, c’est un grand silence à l’intérieur. L’effet tenaille à rompre les organes. L’effet grenaille à piquer les paupières.
La deuxième fois, j’étreins ce que je vois. A m’en étouffer. Je m’ébouriffe, je me dézingue, j’ingurgite à m’en déglinguer l’œil. Tant d’étincelles tant d’éclats.

Et à chaque fois je me prends un uppercut. Un doux et long uppercut. Gros shoot. No bluff. De plein fouet. J’en ai plein la tête. Plein les veines. J’en suis pleine, c’est en moi. Cela diffuse, cela diffracte, cela reste longtemps.

Après, je me dis que je sais. Je connais cette émotion, je la reconnais. Je suis prête. Elle peut venir, la beauté. Toute la beauté du monde. Je l’attends de pied ferme. Elle peut me frapper en pleine face, la beauté. J’encaisserai.
©Perle Vallens

écriture·photo n&b·poésie

Beauté plastique

plastique ©Perle Vallens

Il y avait dans l’air une effervescence printanière, comme une évanescence, un air de déjà vu, ailleurs. Un souffle court égratigné d’hiver. Une balancelle entre les branches, un fuseau d’échappée blanche.  Une poésie d’altitude, d’incorrecte mélodie. L’impolitesse d’un envol.
Voir l’aile dans l’arbre entrelacée, la danse du vent, la chimère d’une transparence.
Voir les pampilles éparpillées, dans le pourpre de l’oeil, le pillage des saisons.
Voir la guirlande enneigée carbonique, la glace du coeur enfumée des givres absents.
Voir la peau bitumée, une caresse polyéthylène, la soie froide sur l’écorce.
Voir l’haleine grisée du bois, la brise pour l’ivresse, le tronc droit en son axe.
Voir l’âcre beauté plastique, la trace incertaine dans l’accroche du temps, une forme d’immanence ou une métamorphose.
©Perle Vallens

Clin d’oeil au petit homme au sac plastique de Vincent Es-Sadeq