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Une chemise

Une soie couleur chair, bras en écharpe autour du cou.
Les doigts fourmillent le long de l’échine, sur les vertèbres qui vibrent en percussions silencieuses. Dessous, le cœur martèle plus fort contre le satin qui soupire et l’étoffe qui bâille. Tirailleurs de peau à peau, à boulets rouges, à brides abattues. Que sifflent les abeilles et que brillent les abatis ! 
Se laisser assaillir, corps franc affolé, avant de se laisser cueillir en première ligne et glaner ses lauriers.
Le soleil fait reluire l’armure des corps, éparpille ses rayons, grand démantèlement dans le fouillis des draps. L’accalmie sera de courte durée avant la battue. 
Dans les flots blancs, il n’y a rien d’autre que sa chemise ouverte sur ton torse en bataille.
©Perle Vallens 

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Upstairs

Demain n’est pas hier. Tu changes d’envie comme de chemise. Je préfère tes chemises.
J’ai l’esprit d’escalier. Je m’arrête à chaque marche. Trop longtemps, silencieuse.
Parfois, tu préfères une langue bien pendue, tendue vers tes envies qui changent. Une langue sauce piquante. Du piment sous la chemise pour que le cœur voit rouge.
J’ai l’esprit d’escalier, je n’ai pas le goût des ascenseurs, ils mènent trop souvent à l’échafaud, mots hachés gros, guillotinés entre les dents.
Ma langue reste cachée entre deux marches, muette dans l’attente de ta prochaine chemise.
©Perle Vallens