
26
On pourrait se cacher que cela ne changerait rien. On pourrait fermer les yeux que l’on verrait encore à travers les paupières tous les cris du monde. On verrait à travers les autres yeux. On verrait en aveugle volontaire tout ce que l’on refusait de voir.
Et on croirait peut-être encore que le ciel existe.
©Perle Vallens
27
Le silence possède son propre son
sa mélodie inaudible entre les mots
une petite musique qui ne s’entend
que dans l’espace clos
l’écart sous la peau
©Perle Vallens
28
Je laisserais flotter mes cheveux à la surface des choses, j’irai d’errances en errances, je passerai du temps sans comprendre, sans voir,
sans attendre le possible, sans savoir ce qui est souhaitable, sans prendre la mesure du temps.
©Perle Vallens
29
Il est temps de mettre des chaussures aux jours, des chaussures de marche pour randonner plus loin, pour rallonger les heures.
Sinon, nus pieds, perd son temps en errances, en instants précis qui ont perdu leur sens.
Pas de chaussures de sport, non. Les jours sont assez sportifs comme ça, ils courent déjà bien assez vite. Ils doivent réapprendre la lenteur. On pourrait leur bander les yeux, ils ralentiraient. Ils chercheraient leur chemin. Ils hésiteraient entre la droite et la gauche.
Ils avanceraient tout doucement sur la route.
©Perle Vallens
30
De mauvaise humeur, de mauvaise augure
le visage s’ombre et se dépeint
sur l’envers de la carte
Aucun indice ne laisse supposer
quand le sourire reviendra
©Perle Vallens
31
Ce qui se cache sous le lit
le monstre tapi dans ce qui reste
d’enfance se montre parfois
entre les interstices du parquet
C’est là qu’il vient encore ramper
à certaines heures de la nuit
©Perle Vallens

