
Ils s’enferment à barreaux tirés, les yeux pleins de grenailles, les mains trouées de cendres. Il ne voient rien derrière leurs rideaux de ferraille, ils ne voient plus l’azur derrière les épis de fer. Il ne savent pas où se trouve le printemps. Le sang coule encore pourtant derrière la porte. A gros flocons, ça pisse dru parfois la nuit. La sève de leurs arbres se répand dans leurs gorges. Cela serre à pleurer. Les mâchoires s’ouvrent même sur des baisers. Ils gravent des noms au revers de leur sommeil. Ils rallument des rêves sous leurs paupières. Au matin, la lumière les arrache à leur cœur. Pourtant, à la nuit ils préfèrent le jour. Ils regardent leur vie de travers, des gargouilles plein la tête, plein la cour, qui piquent et qui dansent, qui aboient et qui hurlent, qui vous arracheraient un bras. Ils vous interdisent de rôder par ici mais ils se trompent de frayeur.
©Perle Vallens