La forêt est un corps. Un corps nu et rêche, rustique et fort, solide comme la souche première qui le fit forêt.
La forêt est un être autonome et autosuffisant.
La forêt n’a besoin de personne pour vivre.
Tous les animaux restent sur place, drive-in et déjeuner sur le pouce.
La forêt recycle elle-même ses déchets. Toute branche morte tombe, tout animal mort finira par s’enterrer de lui-même.
Tout ce qui grouille et fouille la terre retourne à la terre.
Kafka connaît que dalle aux mouvements lents, à la musique dans la mollesse de l’estomac, la moelle épinière qui se dresse sous le son de sa voix. Rien aux abeilles qui font le buzz dans mon ventre, la ola, les applaudissements, l’effet papillon de ma bouche jusqu’en bas à chacun de ses baisers.
Kafka connaît que dalle aux délits d’initiée, aux petites délivrances entre ses bras, à la danse, aux langues partagées, aux transes de ses mains. Il ne sait rien des cratères qu’il crée et qu’il remplit, des bulles, des balancelles et des incandescences.
Le texte A main levée a été retenu aux côtés de 4 autres narrations par l’équipe Anagramme organisatrice du concours « Dis-moi dix mots ». Il sera lu lors la soirée d’inauguration, préambule aux lectures radiophoniques des trois lauréats. Celle-ci aura lieu à la Tête Bleue à Grenoble le jeudi 11 avril 2019 à 19h. Voici les premières lignes de A main levée :