Emotion·photo n&b·poésie

Boire le noir

Chants d’aparté, mélodie labile, la mémoire nous fuit. L’inféconde sève défile floue sous nos yeux aveuglés. Elle glisse molle et vile le long de la colonne temporelle. Elle coule entre nos doigts, nous échappe, tâche nos mains de son empreinte ébréchée, l’encre craquelée de souvenirs oubliés.
Je vois dans les paumes noircies les traits de son visage sans savoir si je lis l’avenir ou le passé.
A lécher les cicatrices, la langue se perd en conjectures.
©Perle Vallens