Emotion·Erotisme·poésie

L’heure du repas

dali
A table avec Salvador Dalí

Sauver ma peau
mon corps sur un plateau

Qu’un fou arrache
l’ennui
à coup de hache
Qu’il mâche la chair nue
une magie sous les doigts
des frissons plein la bouche
Qu’il me mange
sans ménagement
Qu’il me réchauffe
entre ses dents
Qu’il lèche les plaies
salées de vertige
Qu’il chasse mes élégies
ronge la mélancolie
Elle ne fera pas de vieux os

Vous en reprendrez bien un morceau ?
©Perle Vallens

collectif·Erotisme·Nouvelle·recueil

10 fantasmes de femme, en lecture numérique

Selection-10FFemmes B-Sensory

B-Sensory a regroupé 10 nouvelles de sa plateforme en recueil sur le thème des fantasmes de femme : « des relations fusionnelles, sauvages, sensuelles. Dix histoires de femmes parties à la conquête des plaisirs charnels sans tabou. Des nouvelles érotiques, fortes, passionnées, sensibles, qui explorent les diverses formes de plaisir…Stéphanie Eden, Julie-Anne de Sée, Sara Agnès L., Norah Jolly, Perle Vallens, Jean Darmen, Trinity Words, Marie Loverraz, C. Biel et Blanche de Saint-Cyr vous ouvrent la voie vers des moments de jouissance inédits ! »
Vous y retrouverez donc notamment « Seconde chance ». A lire sur amazon, google play, fnac…
Votre liseuse est :
une Kindle : retrouvez le recueil en cliquant ICI
une Kobo : retrouvez le recueil en cliquant ICI
une Cybook Muse ou Cybook Ocean ou Bookeen Saga : retrouvez le recueil en cliquant ICI
La version connectée des nouvelles de ce recueil est disponible sur le site internet de B-Sensory à lire dans l’application pour les amoureuses du Little Bird.

Actualité·anthologie de poésie·Editions des Embruns·Erotisme·poésie

Corps Naufragé dans « Naufrages et épaves »

Naufrages et épaves est un ouvrage collectif d’une toute nouvelle maison d’édition, les Editions des Embruns, créée par Jean-Baptiste Seigneuric. Y participent une trentaine d’auteurs et illustrateurs, poésie classique ou contemporaine, nouvelles, contes, diverses narrations oniriques classées par thématiques.
L’océan, les tempêtes, les créatures marines… Tels sont les ancrages du livre et plus généralement des Editions des Embruns.

naufrages et épaves

Je suis heureuse d’y signer Corps naufragé, un poème érotique, classique versification en hommage aux grands poètes du XIXème siècle, dont voici le début :

Je m’abreuve à l’océan sombre de ses yeux,
Je bois à vif l’écume fraîche de sa bouche
Sirène allongée à l’ombre de ses cieux
Et bercée encore par sa main qui me touche (…)

Corps naufragé PV

Erotisme

Ni fer ni soie, juste sa peau

 

ni soie ni fer

Combien de soie pour la même masse de fer ? Margaux se posait la question en détaillant les bas en soie véritable, le porte-jarretelles et la robe en mousseline de soie d’un côté, les anneaux et la lourde chaîne métallique de l’autre. Elle se demandait où il avait pu dégotter une paire de bas comme celle-ci. Elle ignorait d’ailleurs jusqu’alors qu’il existât des bas de soie. Elle n’en portait pas habituellement. Elle détestait les auto-fixants qui lui sciaient la peau tout comme ces longues chausses qui glissent en permanence sur le haut de la cuisse de façon inesthétique. Elle ne portait que des collants, pratiques et modernes, les rares fois où elle portait une robe. En général, elle moulait ses jambes dans un jean, comme pas mal de filles de son âge. Elle sacrifiait au port du short en été mais elle n’aimait guère voir ses jambes nues. Elle ne les aimait pas. Mais lui oui, allez savoir pourquoi…
Elle avait peur d’être ridicule dans ces bas, elle craignait de ne pas parvenir à les attacher. Mais en les enfilant, elle sentit une incroyable caresse sur sa peau, subtile et suave. C’était un voile imperceptible, évanescent et pourtant d’une grande sensualité. Elle dut se contorsionner afin d’attacher les bas aux bandes de tissus, les ajustant de façon maladroite. Puis elle enfila sur son corps nu la robe fluide et aérienne qui ne masquait pas grand chose de ses formes. La transparence écrue du tissu laissait deviner les aréoles et les pointes rosées de ses seins et s’enroulait autour de ses reins dans un toucher d’une grande légèreté, un souffle sur sa peau. Elle se toucha à travers l’étoffe et fit durcir ses tétons entre ses doigts. Le contact était délicieux.
Elle fixa ses jambes gainées de soie d’un ton légèrement plus soutenu que sa carnation, une couleur veloutée de miel. Elles lui parurent embellies, comme assouplies et adoucies. Sous l’emprise voluptueuse des vêtements, elle se renversa en fermant les yeux, en écartant doucement les jambes. Elle passa une main sur le renflement humide et soyeux, lui aussi.

Elle ne l’entendit pas s’approcher, félin discret désireux de la surprendre précisément dans cette posture. Et sans crier gare, il fixa les anneaux de fer aux poignets. Elle sursauta en sentant le froid mordant sur son épiderme et l’emprise de métal. Quel contraste ! Elle qui venait de s’envoler un temps au dessus du sol, la chaîne la ramenait, bien ancrée à la terre, captive rivetée à la poutre, bras derrière le dos.
« Pas sans moi » lui dit-il, en prenant le relais de ses doigts dans son intimité. La jouissance monta et elle ne sentit plus ni la soie, ni le fer. Juste sa main, ses doigts en elle, et la peau de cet homme était la seule matière dont elle souhaitait désormais être couverte.
©Perle Vallens

Erotisme·hommage à

Madame rêve (à la façon d’Alain Bashung)

ropes Jenna - Avalon

Madame rêve de jute
de cordes si longues
qu’elles courent sur son corps
que les brins affûtent

Madame rêve de liens
serpentins et rampants
d’une tension qui la maintient

Rêve de sifflement
de chanvre sillonnant
sa peau délicieusement

Madame rêve de caresses
et de lacets qui pressent
dansent et enlacent ses fesses

Madame rêve de plaisirs
élastiques, de sensualité lubrique
de murmures et de soupirs

Rêve de langueur
d’emprise et de vigueur
d’indomptables longueurs
©Perle Vallens

Ropes & pic Michele Paolo/Avalon, model Jenna

B-Sensory·Erotisme·fantastique·steampunk

Les mystères de Boulogne – Volet 1

Une série fantaisie steampunk érotique vient de paraître chez B-Sensory, épisodes mensuels où règnent mystère, fantastique et uchronie, avec des passages hot à se mettre sous la dent. Voici un extrait du premier volet.

mystères de Boulogne

Paris, 1888. La ville est en pleine mutation grâce aux travaux du Baron Haussman et de Monsieur Picard. Monsieur Eiffel est fort moqué et dénigré pour sa folie des grandeurs et sa tour métallique qui s’élève peu à peu au-dessus du sol. La semaine passée, une explosion s’est produite du côté de Boulogne, exhalant des gaz nauséabonds et toxiques. La catastrophe fait les gorges chaudes des politiciens et de la presse, fustigeant les laboratoires chimiques privés, cause d’accidents dangereux. Mais était-ce bien un accident ?

La brume envahissait le pont de la Concorde et un léger crachin flûtait sur ce matin de novembre humide et froid. Un spectateur intrigué par l’horaire incongru aurait pu admirer de loin la silhouette déliée et alerte d’une jeune femme qui pressait d’une main gantée un manchon de fourrure noire, abritée sous un grand parapluie qu’elle avait du mal à tenir. Cependant il n’aurait pas vu l’ovale de son visage, baissé pour se protéger des éclaboussures des rares voitures à cheval sur le pavé encore trempé. C’était l’aube grise d’une journée qu’aucun soleil ne viendrait éclairer. Elle pressa le pas en direction de la place de la Concorde où un homme à barbiche grise et haut de forme l’attendait. Lorsqu’elle l’eut rejoint, il lui tendit le bras. Tous deux filèrent sans attendre et à vive allure sous les arcades du quai des Tuileries. Désormais protégés des fines lames glacées qu’expulsait le ciel, il prit la parole.

La suite est à lire ici, sur B-Sensory.