
La vie passe par la fenêtre
frénésie d’une traversée
au bout du jardin a passé le mur
l’ascension et la course
essoufflée dans les champs
à perte de vue, à perte d’haleine
la vie va à vive allure
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

La vie passe par la fenêtre
frénésie d’une traversée
au bout du jardin a passé le mur
l’ascension et la course
essoufflée dans les champs
à perte de vue, à perte d’haleine
la vie va à vive allure
©Perle Vallens

L’ombre tremble devant la vitre
le cou à l’appel d’air
l’atmosphère tranchée net
Mince filet passé au couperet
fluide du feu de midi
la brûlure sur la nuque
comme un coup de soleil
la tête inerte
décapitée
©Perle Vallens

La fin de la nuit brille de sa dernière ombre, claque noir à pleine vitre. Je me vois dans ses yeux pleins qui portent les premières couleurs de l’aube. Elle m’offre le dessin d’un massif de roses, plissé dans le flou du reflet. Redouter la piqûre et le souffle lointain de l’arbuste. Se garder de toutes ses griffes tenues à distance. Visage absent, deviner les pétales sur mes joues comme autant de doigts de soie.
©Perle Vallens

Ressort grippé de la planète, l’humain ronge son frein, l’immortalité à deux pas. Place nette tout autour, on entendrait voler un chat. Les oiseaux seuls saluent encore le soleil dès l’aube. Nous autres, les yeux collés aux fenêtres, baillons et crachons notre ennui sur les écrans fleuves du vide. La volière est ailleurs, cancane tout le jour, ne dort jamais que d’un œil. Qui honnit qui, l’homme en creux de lui-même. Qui applaudit qui, personne ne se dit meilleur ou pire pourtant l’ombre plane au-dessus. Le goéland de toutes nos peurs sans cri, sans heurt. Il reste juste là, menace ce qui nous reste d’humanité derrière nos yeux de mouette, le regard tendu vers demain comme une main. Quémander les miettes d’un soleil promis chaque jour. Respirer un air qui circule encore dans nos poumons. Sourire aride et édenté juste ce qu’il faut d’avoir mordu trop fort les affres âpres de la vie.
Derrière la vitre travaille l’or du jour, en grand. Le cinémascope dolby surround et technicolor fleurit la vision aveuglée, pixellise la lumière en paillettes qui pique l’oeil. Personne ne nous prendra cette part que l’on attrape prudemment, volets ouverts.
Alors, on sourit au soleil qui nous regarde.
©Perle Vallens