Emotion·poésie

Main vive

L’hiver au creux des paumes s’est laissé cueillir entre deux nuages vierges.
Ramasser les corbeaux aveugles au bout de ses doigts. Ils ne savent plus crocheter la lumière. Ils ramassent les derniers grains à picorer, les fruits rassis d’arrière-saison. Ils dérobent ce qui reste d’impatience et de déraison. Les ongles crissent contre les pierres, écrasent les crânes, crèvent les plaies. Un sursaut, une survie.
Mais les mains savent-elles encore étreindre ?
©Perle Vallens

Erotisme·poésie

Héliophile

Brassaï, Ciel postiche, 1932-1933
Brassaï, Ciel postiche, 1932-1933

La peau se gorge
de chaleur pâle
reflets opaques
de froidure matinale

La peau dévore
les rayons blancs
l’ample silence
l’inertie de l’instant

La peau accroche
les signaux lumineux
l’ombre des souvenirs
les incendies éteints

La peau boit
les caresses endormies
les mots suspendus
la voix évanouie
©Perle Vallens