
S’il ne reste rien à bêcher
la chair meuble ou morte
aux cheveux blanchis
les convulsions d’hiver
cil contre cil, sein contre sein
ratisser large rapporter à manger
et sur la berge de quoi tenir
jusqu’à la saison prochaine
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

S’il ne reste rien à bêcher
la chair meuble ou morte
aux cheveux blanchis
les convulsions d’hiver
cil contre cil, sein contre sein
ratisser large rapporter à manger
et sur la berge de quoi tenir
jusqu’à la saison prochaine
©Perle Vallens

Ligne scindée entre ciel et terre
cou tranché de la branche morte
le suint de l’arbre goutte à gouttes
à perte de vue de ses contours
La plaie se refermera avec l’hiver
l’évaporation des larmes
une prison de sève au cœur
L’oiseau reviendra poser
un baiser de son bec dur
l’écorce ou la peau écorchée
s’éveillera à nouveau
©Perle Vallens

L’hiver au creux des paumes s’est laissé cueillir entre deux nuages vierges.
Ramasser les corbeaux aveugles au bout de ses doigts. Ils ne savent plus crocheter la lumière. Ils ramassent les derniers grains à picorer, les fruits rassis d’arrière-saison. Ils dérobent ce qui reste d’impatience et de déraison. Les ongles crissent contre les pierres, écrasent les crânes, crèvent les plaies. Un sursaut, une survie.
Mais les mains savent-elles encore étreindre ?
©Perle Vallens

Le ciel blanc quitte l’horizon. Il danse dans le flou d’un unique nuage.
Le vent cueille la première lueur de l’aube qui hésite dans le silence des brumes.
La lumière se refuse à affronter l’hiver. Murmure et reflux, elle se dissimule sous le souffle froid, l’extinction des feux, une douce cécité. L’illusion, l’usure du soleil.
©Perle Vallens
Photobook numérique, photographie et poésie par Perle Vallens

La peau se gorge
de chaleur pâle
reflets opaques
de froidure matinale
La peau dévore
les rayons blancs
l’ample silence
l’inertie de l’instant
La peau accroche
les signaux lumineux
l’ombre des souvenirs
les incendies éteints
La peau boit
les caresses endormies
les mots suspendus
la voix évanouie
©Perle Vallens