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Travailler l’image

Offre remarquable appliquée aux circonstances, ce qui convient à la construction de l’image, celle que l’on n’avait pas imaginée. Elle surgit d’un moment à l’autre, se rassemble, s’éternise.
Dessous, d’autres strates s’écartent pour laisser passer l’insupportable. Le cadrage ne pardonne pas. Il laisse entrevoir toutes les imperfections. Il laisse exister toutes les erreurs.
Le désordre se réconforte dans sa mise en page du réel. Tout trait fourmille de points, tout temps se nourrit d’instants.
Il faut cadrer plus large, voir le tout dans son ensemble, percer les clôtures, abattre les cloisons d’une vie trop rangée.
On peut toujours retoucher par un retour en arrière, par un juste retour des choses. On peut toujours redessiner les contours.
©Perle Vallens

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Précipice

précipice©Perle Vallens

Elle souffle sur l’objectif pour faire vibrer les ondes, pour faire bouger l’image, pour la faire revivre. Temps de pose bien trop long pour que l’image reste nette. Temps de pose bien trop court pour y voir quelque chose d’intéressant.
Elle pénétrerait la lumière. Coup de boutoirs inaltérés lancés à grande vitesse. Bombardement avant obturation de la paupière. Basse lumière avant shot d’explosion. 1/8000 avant impact à même la peau. Les protons se bousculent dans le vestibule de la mémoire. Les particules gesticulent à mi chemin entre le rêve, le souvenir et la réalité. Finalement le flou est tout indiqué. Finalement, la pluie laisse des traces. Finalement, la carapace glisse plus bas à mesure que tu t’avances plus près.
Tout le monde le sait, au bord du précipice, la vue est plus belle.
©Perle Vallens

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Bradycardie

bradycardie©Perle Vallens

De ce côté-ci de l’image, il n’y a rien à voir. Quelque chose est caché dans le paysage.
La page se trouble d’une impression immobile, quelque chose de tapi que l’on sent bouger.
Il y a quelque chose que le vent fait glisser à la lisière des nuages.
Il y a quelque chose de couché qui respire dans l’ombre des arbres.
Juste un souffle, qui te prend par surprise. Respirer la lente pulsation de la forêt, au plus secret de l’image. Prendre le pouls lent de la vie.
©Perle Vallens