
La nuit se mâche et puis s’échappe
Un prêche ou un coup de hache
La lumière touche le seuil et lave la bouche
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

La nuit se mâche et puis s’échappe
Un prêche ou un coup de hache
La lumière touche le seuil et lave la bouche
©Perle Vallens

Lorsqu’une lumière s’éteint, une autre s’allume. Lorsqu’une se voile, une autre s’évertue à naître. La naissance de la lumière est un petit prodige pour celui qui collectionne les prodiges. Un petit miracle pour celui qui croit aux miracles. C’est l’insensé de la lumière, que l’on coucherait bien sur la pellicule sensible, que l’on coucherait bien sur soi, une couverture de lumière.
©Perle Vallens

Qui du verre ou du visage absorbe le mieux la lumière, qui reflète le mieux les souvenirs ?
La transparence se jauge à l’œil grand ouvert. Elle se mesure au degré de réflexivité des ondes, par vagues successives, invisibles, inconsistantes. Les ondes noient le poisson. Les ondes boivent la tasse. Elles se voient dans l’œil en face.
Les ondes s’inquiètent de frapper la bonne surface. L’espace se fait mince entre la paroi et la pupille. Une lame de rasoir qui couperait l’image en deux. Une pour toi, une pour moi. A chacun son souvenir. A chacun son sourire.
L’usure du regard trouble toujours un peu plus l’objet regardé, qui se fond, qui se fane. Il va bientôt disparaître.
Les vitres finissent toujours par se briser si le regard insiste.
©Perle Vallens

Elle souffle sur l’objectif pour faire vibrer les ondes, pour faire bouger l’image, pour la faire revivre. Temps de pose bien trop long pour que l’image reste nette. Temps de pose bien trop court pour y voir quelque chose d’intéressant.
Elle pénétrerait la lumière. Coup de boutoirs inaltérés lancés à grande vitesse. Bombardement avant obturation de la paupière. Basse lumière avant shot d’explosion. 1/8000 avant impact à même la peau. Les protons se bousculent dans le vestibule de la mémoire. Les particules gesticulent à mi chemin entre le rêve, le souvenir et la réalité. Finalement le flou est tout indiqué. Finalement, la pluie laisse des traces. Finalement, la carapace glisse plus bas à mesure que tu t’avances plus près.
Tout le monde le sait, au bord du précipice, la vue est plus belle.
©Perle Vallens

Détacher les doigts de ses mains
dans l’ombre qui survient
gravée au mur du silence
La lampe tient parole
brûle l’opacité et rend
à toute chose sa transparence
avant disparition des lucioles
La lumière prend le large
de part et d’autre de la nuit
©Perle Vallens

Quarantaine déclarée. Toutes zones confondues. A l’impossible nul n’est tenu, dit-on. Prétendons atteindre l’impossible et l’innommable. Prétendons surseoir aux incertitudes. Prétendons sortir du trou, non plus aveugles comme les taupes que nous sommes mais clairvoyants. Prétendons substituer le chant intérieur à toutes leurs phrases. Comme un long appel souterrain.
Nous devons bouger en nous-même. Nous devons apprendre à nous sidérer. Parsemer d’étoiles tous nos horizons. Lire tous les chemins de traverse. Chercher l’or quotidien dans nos ruisseaux. Balbutier les mots rares, les précieux, les oubliés, les muets pour qu’ils deviennent audibles quelque part. Qu’ils fassent écho et retentissent . Que le son devienne lumière. Que le mot devienne sens.
©Perle Vallens

Au cierge qui brûle, à la cire qui coule, nulle cendre ne reste au creux de la paume. Nulle poussière et nulle échappatoire à ce qui tombe de la lumière. La prière se dit dans les cœurs jusqu’à la fonte de la dernière chandelle.
©Perle Vallens

Nier la lumière
Se nouer à la nuit
accroché au crépuscule
Creuser l’à peu-près de la route
Traverser l’innombrable et l’intarissable
dont on se ferait une demeure éternelle
Sous le toit, l’invisible paraît
dans l’éclat d’un regard nouveau-né
ne redoutant plus ni l’ombre ni le silence
©Perle Vallens

J’ai regardé dans le tombeau et je n’ai pas compris
Je n’ai pas vu la mort du poème mais j’ai bu la force de la vie
J’ai pris entre mes mains les mots absents, je les ai inventés
J’ai pris entre mes yeux les images, elles m’ont caressée
J’ai lu la lumière sous le souffle, sous les pierres descellées
J’ai su que j’aimerais toujours cette lueur-là
comme un soleil dans l’ombre des cimetières
©Perle Vallens

Dans un désert de coquillages, des étoiles mortes glissent entre les doigts. Un plomb en fusion s’écoule du soleil, le poids d’un feu sur nos épaules lourdes de lumière.
Amarres d’un jour qui se quitte grillagé d’airain, les eaux basses laissées par la marée, flottement sans bruit, l’abandon du ciel.
Celui qui se penche sans peur voit une fosse noire, une trouée intarissable, un miroir des regrets, des faux reflets, le cri du calcaire ensaché dans le sable.
©Perle Vallens