Emotion·photo couleur·poésie

Puzzle

Les hématomes gris du ciel s’ouvrent sur la clarté sans nom de la lumière, le miroitement où demeurent les rêves du jour. D’un sautillement, les parcourir comme par dessus des moutons blancs. Longs fuseaux affamés, des bras comme des coutelas, tailler et morceler en éclats quotidiens, des pièces à assembler pour faire durer les prières, pour entrouvrir les persiennes, pour traverser les siècles à venir. Ou les heures, l’éternité entière remplie dans un seul instant, la légèreté d’une brise, l’intensité d’un brasier dans un seul morceau de rêve.
©Perle Vallens

Emotion·poésie

Sauer Wind

reflet lac

N’être qu’un reflet flou sur une onde molle
N’être qu’un scintillement en plein jour
N’être qu’une gouttelette au milieu d’un lac
N’être qu’un murmure entendu au loin
N’être qu’une musique qui s’éteint trop vite
N’être qu’un souffle éphémère entre des lèvres closes
N’être que des mots perdus entre les phrases
N’être que le souvenir pâle des plaisirs passés
N’être qu’une brise dans le feuillage bruissant
N’être que du vent suspendu à l’attente
à l’oubli du miel, à l’armée des rêves
Rien qu’une mélancolie qui balance dans les arbres
©Perle Vallens

Erotisme·poésie

Héliophile

Brassaï, Ciel postiche, 1932-1933
Brassaï, Ciel postiche, 1932-1933

La peau se gorge
de chaleur pâle
reflets opaques
de froidure matinale

La peau dévore
les rayons blancs
l’ample silence
l’inertie de l’instant

La peau accroche
les signaux lumineux
l’ombre des souvenirs
les incendies éteints

La peau boit
les caresses endormies
les mots suspendus
la voix évanouie
©Perle Vallens