photo n&b·poésie

Rien n’arrive

Il y a cette menace cette peur celte
que le ciel nous tombe sur la tête
qu’une météorite ou un astéroïde nous heurte
que son unique satellite s’écrase
qu’un jour la Lune puisse avoir un sérieux
rendez-vous avec la Terre

On se raconte des histoires intergénérationnelles
de force gravitationnelle – infra et supra –
des histoires d’exoplanète d’orbites désaxées
d’expériences cinétiques de poussées d’accélérations
centripètes contrariées
de risques d’effondrement voire
d’explosion de disparition totale

On se raconte pour se faire peur
et pour se rassurer en même temps puisque
rien n’arrive jamais vraiment

Perle Vallens

photo couleur·poésie·prose

Réalité augmentée

On pourrait redessiner le réel à la palette graphique. Un réel panoramique, un réel xxl, pour voir en grande largeur, à 180°. On pourrait trouver une réalité augmentée, un accès à la lumière, même en pleine nuit. Lampe led du mobile, pleine voie au milieu des étoiles et la lune pleine d’yeux qui la regardent nue.
C’est toujours mieux que scroller, c’est toujours mieux que zoner le web, dark visor en extinction de feux. Mais la lune qui brille dans l’écran tout noir du ciel.
©Perle Vallens

Emotion·photo couleur·poésie

Ni pour ni contre

pleine lune©Perle Vallens

Réaliser qu’on fait plus ou moins la moitié du chemin chaque jour, que demain ressemble à hier, que le pour ne vaut pas toujours mieux que le contre, que le soleil est toujours la même boule de feu que la veille. Seule la lune change son profil à chaque insurrection. De gauche à droite, l’avatar en quartier nous sourit de travers jusqu’à éclosion totale. On peut compter sur elle pour pulser les minutes et souffler l’air au mois près. On peut entendre résonner sa musique circulaire, celle qui nous tourne autour et siffle à nos oreilles le silence de chaque nuit.
©Perle Vallens

écriture·poésie

Blue Moon

koho shoda
Koho Shoda

C’est un champs à perte de vue. Une vaste étendue un peu sauvage, folle prairie sur une terre fertile, vibrante et chaude. Cela vit dessous, cela fourmille dense. Cela sent l’humus riche et frais, une promesse pour la lumière. Les bourgeons percent sous la croûte épaisse. Fleurs embryonnaires frappées par la grêle des larmes, le sel assassin, la pâle heure grise d’une aube boréale aux reflets de faussaire.
Le cœur n’écoute pas, il refuse les compromissions, il reste prostré. Interdiction d’entrée aux astres. Seule la lune bleue reste aux aguets.
©Perle Vallens