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Une main, vidéo-poème

Sur la base d’une consigne de Laura Vazquez, voici un nouveau vidéo-poème : Une main.

La main
est un souffle

vibrant
sur la paroi
usée
d’une peau

elle cherche
un creux
une porosité
où s’enfouir
loin
sous l’os
cimenté

elle cherche
une lumière
un bruit blanc
un refuge
où se joindre

la main ouvre
un espace

plus vaste
de plusieurs vies
non vécues

la main
est une bouche
muette
pour murmurer
plus qu’un seul nom

Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·photo couleur·poésie·prose

Comme si, mes mains

Comme si la lumière naissait dans mes mains
Comme si la chaleur allongeait le pas sous les miens
Comme si la caresse du soleil soudain s’impatientait

Comme si chaque silence me poussait entre les lignes de vie comme un arbre
Comme si le vent soufflait sur mes feuillages pour y voir de la vie
Comme si chaque pensée passait d’une main à l’autre, un tressaillement dans les branchages

Comme si chaque chose était à sa place au bout de mes doigts
Comme si chaque image à toucher y trouvait son juste révélateur
Comme si chaque parole déjà bue revenait naître dans mes mains

Comme si dans le creux de mes paumes pouvait surgir une source
Comme si tu pouvais y boire comme un animal sans peur
Comme si ta langue léchait mes mains d’une soif oubliée

Comme si chaque sensation volait une part de moi pour la distribuer
Comme si tu pouvais saisir au vol chaque parcelle de ma peau
Comme si tu pouvais faire tien chaque énoncé de mes ongles

Comme si ton visage apparaissait ici juste entre mes deux bras d’appelante
Comme si l’invoquant de mes mains il était là l’instant d’après
©Perle Vallens

photo couleur·poésie·prose

Il en faut (peu)

Il en faut peu pour que l’agencement des jours soient bien droits. Il en faut peu pour que l’on s’intègre bien dans l’emploi du temps, que l’on s’organise la vie recréée selon les bonnes directives et les planifications. Toi. Tu comptes les jours sur les doigts d’une main. Après, tu ne sais plus.
Il en faut peu pour que les portes restent bien ouvertes entre deux rendez-vous, que les portes souvent en grand, que les vents ne les referment pas. Tu n’es pas menuisier mais tu sais ouvrir les portes. A condition d’avoir les clés.
Il en faut peu pour que l’on se comprenne, que l’on se déterre les uns les autres, que l’on ne se comprime pas, que l’on respire, que l’on prenne l’air. Tu pourrais gonfler un peu plus tes poumons, tu sais.
Il en faut peu mais il en faut de la suite dans les idées. Il en faut des moyens, il en faut des mains ouvertes. Peu de main mais un peu, un index pour montrer le chemin. Le reste da la main ne sert pas à grand chose. Tu pourrais perdre tous tes doigts, il te resterait la paume pour caresser. ©Perle Vallens

Emotion·photo n&b·poésie·prose

Mur porteur

main©Perle Vallens

Abattre les murs élevés dans la nuit. Sans pioche, je tente d’utiliser le vent, les sens contraires, les mains s’il le faut. Ce qui gouverne le silence hésite entre deux moitiés de monde et la paupière tombe entre les parois. Gratter l’ombre reviendrait à éteindre le regard.
©Perle Vallens

Emotion·poésie

Main vive

L’hiver au creux des paumes s’est laissé cueillir entre deux nuages vierges.
Ramasser les corbeaux aveugles au bout de ses doigts. Ils ne savent plus crocheter la lumière. Ils ramassent les derniers grains à picorer, les fruits rassis d’arrière-saison. Ils dérobent ce qui reste d’impatience et de déraison. Les ongles crissent contre les pierres, écrasent les crânes, crèvent les plaies. Un sursaut, une survie.
Mais les mains savent-elles encore étreindre ?
©Perle Vallens