Emotion·photo n&b·poésie·prose

Sas de décontamination

chant souterrain©Perle Vallens

Quarantaine déclarée. Toutes zones confondues. A l’impossible nul n’est tenu, dit-on. Prétendons atteindre l’impossible et l’innommable. Prétendons surseoir aux incertitudes. Prétendons sortir du trou, non plus aveugles comme les taupes que nous sommes mais clairvoyants. Prétendons substituer le chant intérieur à toutes leurs phrases. Comme un long appel souterrain.
Nous devons bouger en nous-même. Nous devons apprendre à nous sidérer. Parsemer d’étoiles tous nos horizons. Lire tous les chemins de traverse. Chercher l’or quotidien dans nos ruisseaux. Balbutier les mots rares, les précieux, les oubliés, les muets pour qu’ils deviennent audibles quelque part. Qu’ils fassent écho et retentissent . Que le son devienne lumière. Que le mot devienne sens.
©Perle Vallens

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Retour à la vie sauvage

chant sauvage©Perle Vallens

Les mots remuent en nous, montrent patte blanche, veulent sortir, voudraient bien. Bête noire, bêlant mou au son du cor. La chasse ouverte aux mots courants, hors d’haleine. C’était couru, à corps perdu, à tort et à travers.
A bout portant, les mots se rebellent parfois de tant de flots qu’ils surnagent à peine, leur sens coule à pic entre deux borborygmes.
Lâcher la bride aux mots sauvages. Les laisser courir dans le vent et appeler ça un chant.
©Perle Vallens

écriture·Emotion·photo n&b·poésie

Peau de taupe

Carnet ©Perle Vallens

Il y avait l’idée d’un carnet de voyage. Un cahier de moleskine qui se noircirait autant que les doigts. Des pages blanches pour recueillir mes doléances et mes désordres, mes efforts de long cours, mes arrachages de dents et mes raclements de veine, mes débordements et mes vides, mes traits et mes déliés.
Il y avait l’idée d’une encre qui grave en longue traînée, en a-plats claqués, en stries-coutelas, une encre qui coule baveuse, vivante, sur les feuilles assoiffées, buveuses à lentes goulées.
Il y avait l’idée d’écrire. De lents griffonnages paresseux, des tatouages indolents, des fumées de sioux. Et des mots très courts, incisifs comme des coups de canif dans le papier.
©Perle Vallens