
Au ventre il y a la peur, il y a le cœur aussi, et l’estomac qui se contracte à chaque fois, à cause de la peur, à cause du cœur.
Au ventre il y a l’oeil le plus grand qui digère la peur, qui digère le cœur.
Au ventre il y a la bouche la plus grande qui avale tout du cœur, de peur de recracher.
La peur se détache, elle se décroche de la mâchoire, elle tombe loin du ventre, loin de la bouche. La peur se chasse, s’expulse, s’étourdit. La peur se respire à plein poumon. Elle s’applaudit à son tour. Elle s’offre un répit.
Avant il y avait un ventre tout tremblant de secousses, maintenant il y a un ventre lisse, un ventre sans valeur, sans défaut, sans haussement de sourcil.
Le ventre souffle lui aussi. La peur, ce sera pour un autre jour.
©Perle Vallens






