Photobook numérique, photographie et poésie par Perle Vallens
Étiquette : poésie
Nécrophage

Faut-il craindre la nuit, ses ombres denses, son opacité ? Faut-il redouter ses propres incertitudes, ses mauvais rêves lorsqu’ils s’étalent en herpès sur son sommeil ? Surtout, ne pas dormir sans les avoir bâlafrés, sans avoir éclairé pleins phares l’obscurité.
Se réveiller au pied du mur, blanchi de la pâle heure du crépuscule, porté par l’opâle lueur d’un réverbère. Le ciment s’effrite et se craquelle au regard cerné de cadavres.
C’est un crépi fissuré où s’égratignent les souvenirs, les blessures mal refermées.
C’est un miroir de craie où se reflètent les peurs, les os brisés et les ailes perdues.
C’est une pierre poreuse qui charrie l’amer et déborde de faux sentiments, comme un fossoyeur déterre les crânes et les fleurs.
S’y voir borgne et muet au chagrin, le corps absent et les mains vides, transparent à soi-même.
Que reste-t-il encore de l’enfance ?
©Perle Vallens
« Des gants » et « Rien ni personne » dans Revue Métèque

Revue Métèque, der de der. Rebaptisée « Bévue » pour l’occasion, une pirouette, un salut, chapeau ôté, de son créateur Jean-François Dalle. La revue littéraire au ton et à l’image décalés, présentation et maquette soignés, s’arrête, hélas.
Après un premier poème, « Résiliée » dans RM5, JFD a sélectionné « Des gants, pour quoi faire » et « Rien ni personne », accolé au Dead Man de Jim Jarmush, excusez du peu. On retrouve dans ce RM7 des pattes talentueuses comme JFD himself, Antonella Porcelluzi, Bobby Sam Sainclair, Marc Guimot, Jane Agou, Fabien Drouet…
La revue s’aquiert ici.
Voyeuse

Elle vadrouille, un peu volage, émaille, égrenne, fouille, l’oeil ouvert en grande largeur, focale frémissante entre les cils, resserre la vision floue, exerce sa pupille. Elle sillonne de l’un à l’autre, ici et ailleurs. Elle papillonne au gré du vent et des tourments, des humeurs et des tristesses. Elle tisse sa frénésie oublieuse du temps qui passe dans les effets immobiles, dans l’immortalité de la lumière. Pilleuse d’âmes, elle grapille des mots et des images. Elle en trace des lignes et des lignes d’histoires qu’elle se raconte. Elle en tricote un maillage bien serré pour l’hiver, pour les porter en bandoulière, côté cœur.
©Perle Vallens
« Tout baigne » dans Revue Méninge #12 « Crachement »

Cracher ses mots ou sa foi, sa colère, ses émois, cracher dans la soupe aussi parfois…
« Crachement » est le thème de Revue Méninge #12, à lire en version papier par ici, ou en libre accès sur le site de la revue, par là. « Tout baigne » est le poème sélectionné par l’équipe éditoriale de la revue, aux côtés, entre autres, d’un graphique et sonore texte de Florent Paudeleux, « Déboucher », et d’un très court poème de Delphine Burnod, sans titre.
Un an, beaucoup de dents

Attrape-rêves a déjà un an. Quelques 130 billets, érotisme et surtout poésie, après que l’écriture soit devenue publique, il y a un environ an et demi.
Merci aux revues littéraires, photographes, éditeurs avec lesquels il y a eu quelques premières collaborations. D’autres sont à venir…
Merci surtout aux lecteurs, fidèles ou occasionnels qui passent par ici.
Aubrac

L’oeil de velours
cligne
en estive
lente déclive du soleil
sur les monts
mobiles
Blonde, l’encolure
chasse les collines
dans un flottement
la lenteur du ciel
Sous l’ornière
le sillon creuse l’ardeur
crève les derniers
effeurements de chaleur
©Perle Vallens
Corps Naufragé dans « Naufrages et épaves »
Naufrages et épaves est un ouvrage collectif d’une toute nouvelle maison d’édition, les Editions des Embruns, créée par Jean-Baptiste Seigneuric. Y participent une trentaine d’auteurs et illustrateurs, poésie classique ou contemporaine, nouvelles, contes, diverses narrations oniriques classées par thématiques.
L’océan, les tempêtes, les créatures marines… Tels sont les ancrages du livre et plus généralement des Editions des Embruns.

Je suis heureuse d’y signer Corps naufragé, un poème érotique, classique versification en hommage aux grands poètes du XIXème siècle, dont voici le début :
Je m’abreuve à l’océan sombre de ses yeux,
Je bois à vif l’écume fraîche de sa bouche
Sirène allongée à l’ombre de ses cieux
Et bercée encore par sa main qui me touche (…)

Suggérer, susciter l’envie et l’émotion
L’écriture est une mise à nu, une quête de sens, un jeu, des images, une musique aussi. C’est en grande partie vrai pour la poésie qui métisse tous mes écrits. Elle génère des émotions, les renouvelle, elle est à la fois maîtrise et abandon, humus fertile pour l’imaginaire et les fantaisies.
Ecrire c’est explorer l’intime de moments, l’ivresse des profondeurs ; c’est encore vivre des rêves et fantasmagories, à travers des genres divers : érotisme, fantastique, surréalisme parfois, récits où la nature se mêle aux sentiments et aux émotions, sous forme de nouvelles et poèmes.
Si la sensualité est un art de vivre, le cerveau reste ma zone érogène principale, et l’érotisme est à la fois une expression de ma vie sexuelle, et un style d’écriture qui tisse les émois, les fantasmes, la gourmandise de la chair, entre poésie et mots crus.