photo couleur·poésie·prose

Rouge sang

Eclose dans mes mains, battues aux poignets, les fleurs rouges dans les veines frappent.
Leurs pétales sont des drapeaux assignés à reconnaissance. Hissés haut quitte à se froisser.

J’ai des coquelicots dans les doigts, dans les bras, dans le sang.
J’ai des yeux noirs qui traînent et des coquelicots sous la peau, fanés d’avoir été cueillis.
J’ai un reste de printemps en guise de pulsation. Le rouge stagne chaud sur mon visage.
Jusqu’aux joues. 
©Perle Vallens

Emotion·nature·photo n&b·prose·Short Edition

Le souffle du printemps

l'enfant et l'arbre©Perle Vallens

(…) Le temps s’écoulait lentement dans cette enfance méditative. Le garçon ne se lassait jamais, il ne quittait rarement son poste de guet agenouillé dans la verdure que pour la hune d’une haute branche de cerisier. D’en haut, tout lui paraissait à la fois plus simple et plus lointain. Il faisait corps avec ce promontoire de bois et de chair qui le faisait sembler plus sylvestre qu’humain (…)
©Perle Vallens

Un texte court à lire sur Short-Edition. Un peu de légèreté poétique par là-bas…

Emotion·nature·photo n&b·poésie

Hétérotopie

Je cherche encore dans le fouillis des herbes l’effeuillement pourpre des fêtes d’automne. Un tapis de pétales où poser ma solitude, où faire germer les rêves. Des guirlandes de clochettes pour faire chanter les mots dans la fraîche clarté du jour. Je parcours en pensée le frisson des parfums, celui qui mène aux amours passées. D’une bouffée je réinvente la mémoire, j’aspire l’air clair des nouveaux matins, j’auréole mon jardin de lumière et de feu. Je survis à l’hiver dans l’aurore qui renaît.
Jusqu’au soupir du soir.
©Perle Vallens