photo n&b·poésie·prose

Attendre l’inattendu

Il y a de l’inattendu quelque part. Il y a de l’inatteignable. On attend d’être surpris. 
On s’était assoupi, on dormait. On s’attendait à être réveillé par l’inattendu. On était bloqué par l’inaction. On nous avait coupé les mains. On nous avait allongé pour attendre mieux. On nous l’avait promis, le mieux. On ne voyait toujours rien venir. Ni la promesse, ni l’inattendu.
Restait l’inatteignable.
©Perle Vallens

Emotion·photo couleur·poésie·prose

Autoportrait aux roses

autoportrait rosier©Perle Vallens

La fin de la nuit brille de sa dernière ombre, claque noir à pleine vitre. Je me vois dans ses yeux pleins qui portent les premières couleurs de l’aube. Elle m’offre le dessin d’un massif de roses, plissé dans le flou du reflet. Redouter la piqûre et le souffle lointain de l’arbuste. Se garder de toutes ses griffes tenues à distance. Visage absent, deviner les pétales sur mes joues comme autant de doigts de soie.
©Perle Vallens

Emotion·photo n&b·poésie

Grand tain

Au miroir assailli d’ombres, leurs rides se reflètent sur mon visage qui s’efface déjà.
Les impuretés se déposent comme un sable, dessillent les yeux, envahissent la bouche. L’épaisseur tapisse le palais d’humeurs aigres et tièdes.
Rien ne sert de cracher, la saleté incruste chaque grain, chaque sédiment. L’architecture des sentiments s’ouvrage dans le creuset d’une terre brute que les ans ont chargé de couches. Elles ont fini par sécher. Elles ont couvert les brèches. Elles se sont collées, entassées sur les souvenirs. Elles sont si épaisses qu’elles les empêche de respirer.
Voit-on encore clair dans le tain du silence étamé par le temps ?
©Perle Vallens