
J’allonge le pas dans mon rêve
J’allonge mes jambes
tout mon long ça fait peu
Mon lit, ça me fait de belles jambes
A la longue mon rêve s’allonge
A la longue, la vie n’est pas plus
large que mon lit
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

J’allonge le pas dans mon rêve
J’allonge mes jambes
tout mon long ça fait peu
Mon lit, ça me fait de belles jambes
A la longue mon rêve s’allonge
A la longue, la vie n’est pas plus
large que mon lit
©Perle Vallens

Elle dit. Et c’est une cérémonie dont rien ne se garde, dont tout s’échappe. Elle est restée longtemps au bord du rêve. Elle est restée la tête en bas. Elle est restée ainsi en silence. Elle a ouvert le rêve avec la bouche. Le rêve a coulé au fond de sa gorge. Le rêve l’a nourrie en goutte à goutte. Le rêve l’a arrachée à elle-même. Elle nage maintenant. Au plus profond.
©Perle Vallens

Léthargie, cet engourdissement jusqu’à l’os, le lent poison de l’inaction. L’âme se courbe dans l’incertitude, repliée sous le corps, dans l’obscurité vague des organes endormis. Le coeur abandonné au ballast, les pensées éparpillées au vent, un résidu du puzzle jamais terminé. L’âme muette, ternie de sentiments brûlés au botox.
On ne sait plus ce qu’est s’élancer, sauter dans le vide. On ne sait plus voir l’invisible, deviner les paroles insensées qui se murmurent au loin. On ne sait plus que se réfugier derrière les fenêtres closes.
Ce qui ne dort pas attend. Ce qui n’attend pas rêve peut-être. Ce qui ne rêve pas pense sans cesse. L’obsession emplit le cerveau et ceint tout entier des bras jusqu’aux pieds.
On reste là, ombre de la pierre sur le chemin que rien ne décolle. Le poids d’une suie noire, la nuit tombée sur nos épaules.
©Perle Vallens

Au pied du mur
les plaies ouvertes
vives d’une éternelle absence
Les murs immenses
gavés de vide et de silence
soutiennent à peine nos sommeils
Les murs se taisent
de leur bouche close
déposent un baiser dans un rêve
Ils ne dorment pas
restent bien droits
au pied du jour qui ne vient pas
©Perle Vallens

Tu reviendras pour les nuits, réglisse noir que l’on suce pour allonger le temps. Tu reviendras comme en résidence, comme en ermitage, en lit de silence. Tu reviendras dans la blancheur de l’aube qui fait renaître les amants. Tu reviendras en rêve pour marteler ton nom à la cloche du printemps. Tu reviendras chaque fois pour parler sur ma bouche, pour animer mes mains, pour éveiller mes yeux à l’invisible. Tu reviendras dans une autre vie, un autre vertige. Tu reviendras pour érafler l’évidence.
Si tu reviens, il sera peut-être trop tard.
©Perle Vallens

A la tranchée des frontières
la ligne de démarcation
entre les rêves et la mort
le silence se fait entendre
de sa voix sourde et longue
de vent dans les dunes
Rattraper le temps est affaire d’audace
courir encore si l’on peut
nager à contre-courant et remonter le fleuve
rabattre ses écailles avant la dernière rivière
avant la dernière rêverie
©Perle Vallens

S’endormir pas à pas sur la plage
plain-pied des trèves
S’allonger terre à terre sur le cœur
rompu aux errances
S’avancer mot à mot sur la page
en silence
avant de prendre le large
dans le premier rayon qui passe
le cargo lourd de rêves
à la frontière entre le temps du sommeil
et le temps de l’éveil
©Perle Vallens


Les hématomes gris du ciel s’ouvrent sur la clarté sans nom de la lumière, le miroitement où demeurent les rêves du jour. D’un sautillement, les parcourir comme par dessus des moutons blancs. Longs fuseaux affamés, des bras comme des coutelas, tailler et morceler en éclats quotidiens, des pièces à assembler pour faire durer les prières, pour entrouvrir les persiennes, pour traverser les siècles à venir. Ou les heures, l’éternité entière remplie dans un seul instant, la légèreté d’une brise, l’intensité d’un brasier dans un seul morceau de rêve.
©Perle Vallens