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Rouge sang

Eclose dans mes mains, battues aux poignets, les fleurs rouges dans les veines frappent.
Leurs pétales sont des drapeaux assignés à reconnaissance. Hissés haut quitte à se froisser.

J’ai des coquelicots dans les doigts, dans les bras, dans le sang.
J’ai des yeux noirs qui traînent et des coquelicots sous la peau, fanés d’avoir été cueillis.
J’ai un reste de printemps en guise de pulsation. Le rouge stagne chaud sur mon visage.
Jusqu’aux joues. 
©Perle Vallens

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Le corps ou l’ombre (2)

Le corps dur, froid, raide. Rigidité ante mortem, béton de prime abord.
Le corps, le grand vide, le grand démembrement, l’absence de tremblement.
C’est une perception dépecée. Débarrassé de sa substance, le corps est une mue triste.
Défaut d’existence, déficit de consistance réelle, l’écart chronique se creuse entre soi et soi.
Celui qui est là n’y est pas vraiment. Il simule une certaine semblance, le flou du visage, l’ombre du corps.
Il est son propre fantôme.
©Perle Vallens