atelier Laura Vazquez·écriture·poésie·prose

Savoir

Brûlée. Marquée au plus vif de la chair.
Précisément là où l’on ne sait plus à quoi tenir. Mais tenir bon. Mais persister. Mais dénombrer une a une les heures. Démembrer le temps, ses tenailles, ses tiraillements.

Savoir tracer ses propres lignes, savoir traverser les voies sans vérifier leur horizontalité, sans hésiter et se laisser glisser sur le chemin.
Savoir se perdre en route sans prendre la mesure précise de l’écart qui nous éloigne.

Savoir percer à jour les écrans de pleine nuit, savoir les ouvrir en deux dans le sens du coeur ou celui du vent, c’est du pareil au même.
Savoir se laisser porter loin, au delà des limites, au delà des fortunes et des infortunes, au delà des frontières imposées.

Savoir avouer à tel, savoir ouvrir la bouche et lui dire ce qui n’a pas été dit, savoir faire fi des pudeurs qui emprisonnent.
Savoir vouloir peut-être encore. Tout et son contraire. L’impossible et l’irréel. Le plein et le vide.
Savoir attendre l’inattendu, savoir le reconnaître à son visage incertain, à son regard éperdu.

Savoir plier sans rompre tout à fait, savoir se coucher dans ses propres béances, savoir choisir ses ailleurs.
Savoir délier ses propres vérités.
Savoir bercer les émotions comme on les enfante.
Savoir pleurer, hurler, jusqu’à ce que. Si loin. Sans se retourner. Avant, bien avant. Et surtout sans regret.
©Perle Vallens

Emotion·photo n&b·poésie

De comptoir

chaque pas©Perle Vallens

La mort la vie
ce n’est pas ce que tu crois
La voie sans issue
déplacée détracée
sans échapper
aux choses sérieuses

La mort toute entière
contenue en toi
avant même la vie
T’en souvenir sans savoir

Là où tout finit
tout commence aussi
Là où tu finis
commence la grève
où les vagues roulent
L’horizon se perd
L’heure se grave
à chaque pas

Tu vis encore
à chaque mot versé
l’obole du jour
ton espoir en voix
les yeux grands ouverts
©Perle Vallens