Emotion·photo couleur·poésie·prose

Des traces

Il laisse des traces. Il laisse des traces partout où il a posé ses pieds, où il a posé ses mains, où il a posé sa bouche.
Il laisse des traces d’encre et de suie, de poussière et de salive. C’est mouillé partout. Il laisse des traces humides, il laisse des gouttelettes, il laisse des flaques avec des choses qui flottent. Il laisse des inondations et des glissements de terrains. Il laisse des catastrophes sur les corps et des vertiges sur les lèvres.
Il laisse des traces. Des traces de poudre, indélébiles, de délivrance, de dévoration, de dérives horizontales. Il laisse de la lumière même après extinction, le filament de l’ampoule grésille, cela clignote sur la peau. L’écran du drive-in en persistance rétinienne, il laisse des traces de cinéma format grand angle, coulée douce des images.
Il laisse des traces, la plupart des rêves, la partie haute de l’iceberg, la part belle, la part des anges derrière l’ivresse. Il laisse les preuves tangibles de son passage, les preuves silencieuses et lointaines, des preuves qui claquent dans le vide, votre honneur.
Il laissent des traces loin de lui.
©Perle Vallens

Emotion·Erotisme·poésie

Floralie

Volkan Aslan
Volkan Aslan « Je suis agité comme ceux qui ne peuvent pleurer leurs morts » (Laver les roses – Arles – vidéo 2018)

Il fleurit ma peau du toupet de son pinceau, de la pulpe de ses doigts, de la musique de ses mots. Toucher de soie, reflet de lame, stries et langueurs. Ombres parsemées comme les pétales de l’âme.
Sur la toile, il couche ses noirceurs, étale ses états drames en fleurs digitales et grand fuseau d’amer.
Mon corps prend toutes ses couleurs de sang et de feu, de nuages et de fleuves, de tiges et de sève.
Il passe ses roses à l’eau sur mon dos. Il m’arrose de ses pensées, essore ses obsessions, essuie sa folie douce. Il m’inonde d’un lavis de lumière.
Refleurir encore. Avant que le cœur ne s’effeuille, avant qu’il ne se fane.
©Perle Vallens