photo n&b·poésie·prose

Elle dit (2)

Elle dit. Et c’est encore un soubresaut qui la saisit, une trace laissée dans le silence. Elle ne sait si le son l’emporte, si la voix lui redessine une veine. Le sang lui bat au fond du ventre. C’est là que le mot qui s’est échappé trouve refuge. C’est là qu’il geint longtemps après. C’est là qu’il joint toutes les terminaisons nerveuses. C’est là que se rejoue le désir. Elle se Iaisse fléchir. Encore un peu.
©Perle Vallens

Emotion·photo n&b·poésie·prose

Mur porteur

main©Perle Vallens

Abattre les murs élevés dans la nuit. Sans pioche, je tente d’utiliser le vent, les sens contraires, les mains s’il le faut. Ce qui gouverne le silence hésite entre deux moitiés de monde et la paupière tombe entre les parois. Gratter l’ombre reviendrait à éteindre le regard.
©Perle Vallens

Emotion·photo couleur·poésie

Gravitation

gravitation©Perle Vallens.jpg

La nuit tombe de tout son poids, lourd de son assurance, de son éternel retour.
La masse s’étend fluide et dense en chape sombre.
Elle installe son souffle noir, sa toile démesurée sur la chaleur des chambres, dessinent sur leurs murs des reflets flous, des signes de l’heure qui passe.
Elle brise de toute sa force les bruissements qui s’estompent puis s’arrêtent.
Alors, le silence pèse aussi, de son immensité de désert.
©Perle Vallens

écriture·Emotion·nature·photo n&b·poésie

Sweet home

Ma maison boit la nuit, broie du noir, craque l’opaque en éclat blanc. Ma maison est ivre, livrée à l’intime, danse avec les ombres. Ma maison charrie les corps, cherche les noms, recrache les chants en poussière d’argent. Ma maison bascule dans les songes, salue les arbres et sombre sous les étoiles.
Parle-lui des branches qui frôlent les fenêtres en arches floues, en panaches effleurés. Elles soufflent leur hâle nocturne à la face de craie en lustres indécents, étoffent le crépis desséché de langueurs obscures . Elles so’ffrent au silence, assassinent les soies lentes du crépuscule, Elles essuient les cernes des souvenirs, flottent et suintent l’encre, c’est leur caresse, leur étreinte sur les murs, leurs mots murmurés.
©Perle Vallens

Emotion·nature·poésie

Apesanteur

dav

Ici, une brume pèse de toutes ses ombres dans l’abandon du soleil. Elle pose ses nuées bleuies en nappes épaisses, les soulève du sol, les fait danser en  suspension. Elle souffle un flot si doux que l’oeil peine à le suivre de son regard de taupe.
Elle nimbe tout d’un voile flou qui s’accroche puis se déchire entre les bras si maigres des arbres.
La lumière fait semblant de se cacher, au loin. Elle épie d’un sourire timide, espère le lever de rideau.
Ici, le silence tombe en gouttes épaisses, en attendant l’oiseau.
©Perle Vallens