photo n&b·poésie·prose

Elle dit (2)

Elle dit. Et c’est encore un soubresaut qui la saisit, une trace laissée dans le silence. Elle ne sait si le son l’emporte, si la voix lui redessine une veine. Le sang lui bat au fond du ventre. C’est là que le mot qui s’est échappé trouve refuge. C’est là qu’il geint longtemps après. C’est là qu’il joint toutes les terminaisons nerveuses. C’est là que se rejoue le désir. Elle se Iaisse fléchir. Encore un peu.
©Perle Vallens

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Au ventre

Au ventre il y a la peur, il y a le cœur aussi, et l’estomac qui se contracte à chaque fois, à cause de la peur, à cause du cœur.
Au ventre il y a l’oeil le plus grand qui digère la peur, qui digère le cœur.
Au ventre il y a la bouche la plus grande qui avale tout du cœur, de peur de recracher.
La peur se détache, elle se décroche de la mâchoire, elle tombe loin du ventre, loin de la bouche. La peur se chasse, s’expulse, s’étourdit. La peur se respire à plein poumon. Elle s’applaudit à son tour. Elle s’offre un répit.
Avant il y avait un ventre tout tremblant de secousses, maintenant il y a un ventre lisse, un ventre sans valeur, sans défaut, sans haussement de sourcil.
Le ventre souffle lui aussi. La peur, ce sera pour un autre jour.
©Perle Vallens