Emotion·photo n&b·poésie

Finish

finish ©Perle Vallens.jpg

La ligne d’arrivée. Je ne la vois pas, je la devine. En pointillé. Je ne cours plus, je marche. J’en vois qui sont arrêtés au bord du chemin mais tôt ou tard, il faudra bien qu’ils reviennent sur la piste. Je danserais bien encore un peu si je savais mais j’ai oublié.

J’ai été une coureuse de fond, les étoiles pour boussole, la chamade intérieure pour compter mes moutons, tout un troupeau pressé. Petite foulée. Le petit miracle quotidien. Attention à l’arythmie si on accélère le rythme.
Tout était une question de respiration. On me l’avait bien dit.
Personne n’échappe au poing de côté, l’uppercut qui stoppe net l’élan du cœur.
©Perle Vallens

 

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Le tombeau

le tombeau©Perle Vallens

J’ai regardé dans le tombeau et je n’ai pas compris
Je n’ai pas vu la mort du poème mais j’ai bu la force de la vie
J’ai pris entre mes mains les mots absents, je les ai inventés
J’ai pris entre mes yeux les images, elles m’ont caressée
J’ai lu la lumière sous le souffle, sous les pierres descellées
J’ai su que j’aimerais toujours cette lueur-là
comme un soleil dans l’ombre des cimetières
©Perle Vallens

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Vie 2.0. (bis repetita)

vie 2.0. bis Perle Vallens

Add-moi. Pin-moi.Tweete si tu me likes
Ma life en MP si tu me spam.
Selfie so sex au bout du curseur
cramée l’échancrure éclate en surex
touchée dans le flood
Meet-moi direct. Mon avatar en 3D
Booking now, chambre d’hôtel
et chair irl

Tu y crois à la réalité augmentée
aux pixels ajoutés, à l’amour virtuel
Gamer joue encore
Pulsation de lumière bleue on the cloud
par toutes les fenêtres ouvertes
Tu n’échappes pas au bug
Données invalides d’un cœur hacké
Il ne reste plus qu’à verrouiller
à supprimer les codes d’accès
jusqu’à ce que la mémoire explose
que les mots éclatent
sur la bande passante
Reboot si tu peux
©Perle Vallens

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Vie 2.0.

vie 2.0. Perle Vallens

Un clic
un like
une traque éperdue quitte à s’énucléer
des traces du cœur dans l’orbite
à faire déborder tous les racks

Tu peux toujours creuser à même les connexions
trier les marques, les statuts, les amis en échos
accords et désaccords, bribes binaires de fausse humanité
t’offrir une résistance sur un plateau
Qu’est-ce que tu risques ?
Black-listé, une éclipse d’écran noir
pris dans les phares de l’époque

L’organique se perd dans la continuité numérique
Mieux vaut extirper les rêves coincés dans les algorithmes
où restent une respiration, une réalité, une présence vraie
Mieux vaut s’extraire de la virtualité, retrouver le tumulte de la vie
©Perle Vallens

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Take away

dentier ©Perle Vallens

Les souvenirs, les amis, une vie pour demain
des amours en veux-tu en voilà, des histoires sans lendemain
des enfants comme accélérateur de bonheur
des talents de pochette-surprise
des vices et des vertus au bout des doigts
des fleuves longs comme le bras
et des yeux pour pleurer
On n’a rien oublié, c’est commandé depuis longtemps
Tu sais trop bien ce que tu dois à tes parents

Tu n’as plus qu’à cocher dans la liste et attendre au comptoir
La facture, le prix à payer ce sera pour plus tard
On fournit les mouchoirs mais tu y crois
Tout est pesé, ratissé, espéré
Tout est bien emballé, étiqueté, prêt à emporter
Mais il te faudra apprendre à cuisiner

On te l’a dit, la vie ça se mange en entier
comme on ronge son frein
jusqu’à l’os
Tu y gagnes un dentier
des crocs tout neufs pour mordre dedans
quitte à t’y casser les dents
©Perle Vallens

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Main vive

L’hiver au creux des paumes s’est laissé cueillir entre deux nuages vierges.
Ramasser les corbeaux aveugles au bout de ses doigts. Ils ne savent plus crocheter la lumière. Ils ramassent les derniers grains à picorer, les fruits rassis d’arrière-saison. Ils dérobent ce qui reste d’impatience et de déraison. Les ongles crissent contre les pierres, écrasent les crânes, crèvent les plaies. Un sursaut, une survie.
Mais les mains savent-elles encore étreindre ?
©Perle Vallens