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Peau de taupe

Carnet ©Perle Vallens

Il y avait l’idée d’un carnet de voyage. Un cahier de moleskine qui se noircirait autant que les doigts. Des pages blanches pour recueillir mes doléances et mes désordres, mes efforts de long cours, mes arrachages de dents et mes raclements de veine, mes débordements et mes vides, mes traits et mes déliés.
Il y avait l’idée d’une encre qui grave en longue traînée, en a-plats claqués, en stries-coutelas, une encre qui coule baveuse, vivante, sur les feuilles assoiffées, buveuses à lentes goulées.
Il y avait l’idée d’écrire. De lents griffonnages paresseux, des tatouages indolents, des fumées de sioux. Et des mots très courts, incisifs comme des coups de canif dans le papier.
©Perle Vallens

2 commentaires sur “Peau de taupe

  1. Il y avait l’idée… qu’il fallait la conserver, pour qu’elle s’écoule, comme toute cette encre, sur ce papier. Ancrer l’idée d’écrire, de gribouiller, de raturer, de griffonner, de dessiner, pour décrire l’idée. Continuez, je vous prie.

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