
La forêt est un corps. Un corps nu et rêche, rustique et fort, solide comme la souche première qui le fit forêt.
La forêt est un être autonome et autosuffisant.
La forêt n’a besoin de personne pour vivre.
Tous les animaux restent sur place, drive-in et déjeuner sur le pouce.
La forêt recycle elle-même ses déchets. Toute branche morte tombe, tout animal mort finira par s’enterrer de lui-même.
Tout ce qui grouille et fouille la terre retourne à la terre.
Tous les arbres poussent dans le même sens en se nourrissant de la même chose. De là, du bas, de l’intérieur du sol vient la vie. Et du ciel aussi. C’est pourquoi tous les arbres regardent dans la même direction. Ils attendent l’eau qui étanchera leur soif. C’est pourquoi ils s’étirent et poussent si haut. Il se dit qu’ils dansent avant l’orage, agitant leurs feuillages. C’est la danse de la pluie.
©Perle Vallens
Le corps de la forêt
quitte le chemin
sous une ombre clandestine
Où la fraicheur s’installe.
Hésitant à poursuivre les traverses
Le sol s’enfonce,humide
Sous un tapis de feuilles
L’humus respire, éponge.
Creuse à même le corps de la terre
Là un terreau coule doux et sombre
Une senteur de pluie,
De bois flotté
L’attente de l’orage
Sous sa fourrure en décomposition.
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🐾 Amical mirliton 🐾
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