
L’heure échappe aux rêves, aux mains, aux lèvres.
Les choses nues, les inconnues, les vœux qui s’approchent, l’étanchéité du silence.
L’effacement de l’instant serait juste une trêve.
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

L’heure échappe aux rêves, aux mains, aux lèvres.
Les choses nues, les inconnues, les vœux qui s’approchent, l’étanchéité du silence.
L’effacement de l’instant serait juste une trêve.
©Perle Vallens

La lune craquelle
ses éclats blancs sur la langue
en flocons de sel
©Perle Vallens

Un voile se déchire
Les nuages se sont tus
juste avant l’orage
©Perle Vallens

Tricoter la route
un pas dessus un pas dessous
sur un chemin rebrodé de verdure
©Perle Vallens

L’afflux suinte à la plaie
Les pluies ravinent l’âme
ravalent les eaux vives
La sciure dissoute dans les os
dilue la fausse lumière
Les flots s’affolent, s’étoilent
se crispent en rayons oubliés
dessinent un prisme, une auréole
Le soleil brille en surface
laisse la trace des anciens mythes
affleurer au bord des yeux
©Perle Vallens

Je cherche encore dans le fouillis des herbes l’effeuillement pourpre des fêtes d’automne. Un tapis de pétales où poser ma solitude, où faire germer les rêves. Des guirlandes de clochettes pour faire chanter les mots dans la fraîche clarté du jour. Je parcours en pensée le frisson des parfums, celui qui mène aux amours passées. D’une bouffée je réinvente la mémoire, j’aspire l’air clair des nouveaux matins, j’auréole mon jardin de lumière et de feu. Je survis à l’hiver dans l’aurore qui renaît.
Jusqu’au soupir du soir.
©Perle Vallens

Le ciel blanc quitte l’horizon. Il danse dans le flou d’un unique nuage.
Le vent cueille la première lueur de l’aube qui hésite dans le silence des brumes.
La lumière se refuse à affronter l’hiver. Murmure et reflux, elle se dissimule sous le souffle froid, l’extinction des feux, une douce cécité. L’illusion, l’usure du soleil.
©Perle Vallens

Ma maison boit la nuit, broie du noir, craque l’opaque en éclat blanc. Ma maison est ivre, livrée à l’intime, danse avec les ombres. Ma maison charrie les corps, cherche les noms, recrache les chants en poussière d’argent. Ma maison bascule dans les songes, salue les arbres et sombre sous les étoiles.
Parle-lui des branches qui frôlent les fenêtres en arches floues, en panaches effleurés. Elles soufflent leur hâle nocturne à la face de craie en lustres indécents, étoffent le crépis desséché de langueurs obscures . Elles so’ffrent au silence, assassinent les soies lentes du crépuscule, Elles essuient les cernes des souvenirs, flottent et suintent l’encre, c’est leur caresse, leur étreinte sur les murs, leurs mots murmurés.
©Perle Vallens

Ici, une brume pèse de toutes ses ombres dans l’abandon du soleil. Elle pose ses nuées bleuies en nappes épaisses, les soulève du sol, les fait danser en suspension. Elle souffle un flot si doux que l’oeil peine à le suivre de son regard de taupe.
Elle nimbe tout d’un voile flou qui s’accroche puis se déchire entre les bras si maigres des arbres.
La lumière fait semblant de se cacher, au loin. Elle épie d’un sourire timide, espère le lever de rideau.
Ici, le silence tombe en gouttes épaisses, en attendant l’oiseau.
©Perle Vallens

Au loin, d’âpres arpents dénudés se teintent d’ocre sous le brouillon de nuages brunis.
La vigne brûle du sang de novembre, dévorée de chancre et d’or. Les arabesques vitrifiées s’accrochent en veines courbes, en lignes brisées, saillies en fuite à l’assaut du ciel. Asséchées les baies flétries de sucre, gangrénées de pourriture grise crèvent de l’ardeur perdue, du dernier souffle de l’été.
©Perle Vallens