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Hétérotopie

Je cherche encore dans le fouillis des herbes l’effeuillement pourpre des fêtes d’automne. Un tapis de pétales où poser ma solitude, où faire germer les rêves. Des guirlandes de clochettes pour faire chanter les mots dans la fraîche clarté du jour. Je parcours en pensée le frisson des parfums, celui qui mène aux amours passées. D’une bouffée je réinvente la mémoire, j’aspire l’air clair des nouveaux matins, j’auréole mon jardin de lumière et de feu. Je survis à l’hiver dans l’aurore qui renaît.
Jusqu’au soupir du soir.
©Perle Vallens 

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Sweet home

Ma maison boit la nuit, broie du noir, craque l’opaque en éclat blanc. Ma maison est ivre, livrée à l’intime, danse avec les ombres. Ma maison charrie les corps, cherche les noms, recrache les chants en poussière d’argent. Ma maison bascule dans les songes, salue les arbres et sombre sous les étoiles.
Parle-lui des branches qui frôlent les fenêtres en arches floues, en panaches effleurés. Elles soufflent leur hâle nocturne à la face de craie en lustres indécents, étoffent le crépis desséché de langueurs obscures . Elles so’ffrent au silence, assassinent les soies lentes du crépuscule, Elles essuient les cernes des souvenirs, flottent et suintent l’encre, c’est leur caresse, leur étreinte sur les murs, leurs mots murmurés.
©Perle Vallens

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Apesanteur

dav

Ici, une brume pèse de toutes ses ombres dans l’abandon du soleil. Elle pose ses nuées bleuies en nappes épaisses, les soulève du sol, les fait danser en  suspension. Elle souffle un flot si doux que l’oeil peine à le suivre de son regard de taupe.
Elle nimbe tout d’un voile flou qui s’accroche puis se déchire entre les bras si maigres des arbres.
La lumière fait semblant de se cacher, au loin. Elle épie d’un sourire timide, espère le lever de rideau.
Ici, le silence tombe en gouttes épaisses, en attendant l’oiseau.
©Perle Vallens

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Sanguine

vigne sang

Au loin, d’âpres arpents dénudés se teintent d’ocre sous le brouillon de nuages brunis.
La vigne brûle du sang de novembre, dévorée de chancre et d’or. Les arabesques vitrifiées s’accrochent en veines courbes, en lignes brisées, saillies en fuite à l’assaut du ciel. Asséchées les baies flétries de sucre, gangrénées de pourriture grise crèvent de l’ardeur perdue, du dernier souffle de l’été.
©Perle Vallens