photo couleur·poésie

Jour à spaghettis

autoportrait aux spaghettis

C’était un jour à spaghettis
ces rêves de spaghettis sans fin qui ne cimentent pas les lèvres
pleines ouvertes sur cette opportunité de pâtes
comme pierre sèche d’une rénovation instestinale
spaghettis qui ne crissent ni ne collent aux parois
pas plus qu’aux accès libres de la langue
les spaghettis se fraient un chemin dans la bouche
et personne ne sait jusqu’où ils comptent aller
de toute leur longueur de leur effervescence rouge
sans digestion rapide
Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·prose

Chien et loup

Ça commence entre chien et loup, ce moment où la lumière s’émousse doucement. L’ombre bleue survient progressivement. Elle envahit d’abord la terre, les arbres. Elle se dessine en nappes, en nébuleuse un peu floue qui recouvre ce qu’il reste à voir. C’est le moment où les yeux se plissent pour distinguer encore quelque chose dans l’obscurité. Pour s’habituer au noir. Elle s’avance à son rythme, s’étend, se répand. Elle repeint. S’éternise. Le paysage se brouille dessous, puis disparaît. Toujours ce mouvement lent, comme ralenti, suspendu, surprend par sa radicalité. 
On dit qu’elle tombe mais c’est faux, la nuit noie.
Perle Vallens

Actualité·événement/festival·photo couleur·photo n&b·photo-poème·poéie concrète / graphique·poésie·vidéo-poème

Retour en images sur le festival Charly, les Rencontres de la Velouse

Le festival est terminé mais les expositions restent en place à Charly (Cher) jusqu’au 10 septembre : poèmes graphiques/photo-poèmes en extérieur, vidéo-poèmes dans la « plus petite maison de la poésie » en partenariat avec la Péninsule/Maison de poésie en Cotentin, créée par Adeline Miermont-Giustinati que je remercie pour les photos ci-dessus.

Actualité·événement/festival·photo couleur·photo-poème·poéie concrète / graphique·poésie·série photographique·vidéo-poème

Un photo-poème des Rencontres de la Velouse

Voici l’un des photo-poèmes d’une série de 5, qui seront présentés lors des Rencontres estivales de la Velouse à Charly (aux côtés de deux autres séries de photo-poèmes, de deux poèmes graphiques et de quatre vidéo-poèmes). Si vous êtes dans le Cher en août, passez-y !

photo couleur·poésie

Photosensible

Capteurs photosensibles opérationnels
ce qui s’imprime sur ta peau est toujours
un supplément de désir
ce flux transmis en continu méconnaît
la rigueur comptable des bases de données
mais réagit forcément aux filtres
qu’impose la vie
tu sociabilises et c’est déjà pas mal
l’effacement te parle de la lumière
et c’est toujours une façon de te parler
des autres
Perle Vallens

écriture·Mater Atelier·photo couleur·poésie

Caresse d’écorce

Photo Prax lou – Modèle Perle Vallens

Là, ce qui siffle c’est lui déjà
sous le vent
ce qui craque sous les pas
l’aiguille par le chas de mes poumons
et sa voix ventriloque par mes lèvres
j’aspire le même air
l’arbre sa lente oraison
son appel à renaissance
feuillaison de jeunes pousses
je sais du vert fluo sa force
sa fraîcheur accrochée au limbe foliaire
l’éparse anatomie la vivace au ciel
aère ma boîte crânienne
à ma main accrochée sa chamade
l’écorce bat dans son crissement
éreinté de centenaire
parle son langage muet des pinèdes
que je bois comme le mot premier
adossé à ma bouche
vers lui j’avance et je me colle
ma source ventre à terre
meuble de ses racines longues
leur lente progression souterraine
sinueux d’insectes et de rampants
par ses interstices la sève
la saveur de résine me bascule
à ma tête enfouie la sienne envolée
hisse toujours plus haut
le tronc à la caresse
sa persistance
ma refloraison
Perle Vallens

atelier Tiers Livre·écriture·photo couleur·prose

Forêt d’ocres

Déjà les nuages éparpillés au ciel, cotonneux, flottant, semblant en suspension, immobiles aplats fous sur le ciel impeccablement bleu. En deçà, les roches rondes, bosselées, doucement érodées, teintées dans la masse de jaune, de rouge, de grenat et de mauve, s’enflent et se défilent. Dans le loin, elles se hissent, émergent en surplomb des résineux. Elles accrochent des mousses et des lichens, s’ombragent des branches qui s’appesantissent, ployant et qui leur dessinent des visages dentelés. Là, clapote une flaque orange. Ici, craque une écorce d’arbre. C’est le son fluet, vivace d’une forêt d’ocre.
Perle Vallens