atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·photo n&b·poésie

Peur blanche

sdr

C’est ce tube blanc qui luit
aveuglant dans l’obscurité
il brûle les yeux si on le fixe trop longtemps
il tressaille égratigne la prétendue quiétude
taille la belle assurance dans toute sa longueur
le cran fendillé vrille les nerfs
entame le cœur à coups de
grésillements
j’ai vu clairement le néon
grimacer
sa vibration perverse sonne un glas
le grondement d’une terreur sans contrôle
une crispation glaciale dans la nuque
lambeaux de courage ramassés repliés
sous l’accélération du pas
ma peur sous la semelle résonne
dans le trop noir du parking
Perle Vallens

photo couleur·poésie

Absence

L’absence je ne l’enterre pas
je la laisse sécher à l’air libre
encore toute humide de la présence
elle dégage une odeur aigre et douce
persistante
qui coupe l’air que je respire
qui s’incruste
cette tache sur le linge sali de la peau
qui me pénètre
parce que les pores aime les choses passées
l’absence est vivace épidermique qui se ramifie
traversée de rhizomes je suis
une bonne terre à cultiver
L’absence est une graine que je plante
sans savoir ce qui poussera en moi
Perle Vallens

photo couleur·poésie

Jour à spaghettis

autoportrait aux spaghettis

C’était un jour à spaghettis
ces rêves de spaghettis sans fin qui ne cimentent pas les lèvres
pleines ouvertes sur cette opportunité de pâtes
comme pierre sèche d’une rénovation instestinale
spaghettis qui ne crissent ni ne collent aux parois
pas plus qu’aux accès libres de la langue
les spaghettis se fraient un chemin dans la bouche
et personne ne sait jusqu’où ils comptent aller
de toute leur longueur de leur effervescence rouge
sans digestion rapide
Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·prose

Chien et loup

Ça commence entre chien et loup, ce moment où la lumière s’émousse doucement. L’ombre bleue survient progressivement. Elle envahit d’abord la terre, les arbres. Elle se dessine en nappes, en nébuleuse un peu floue qui recouvre ce qu’il reste à voir. C’est le moment où les yeux se plissent pour distinguer encore quelque chose dans l’obscurité. Pour s’habituer au noir. Elle s’avance à son rythme, s’étend, se répand. Elle repeint. S’éternise. Le paysage se brouille dessous, puis disparaît. Toujours ce mouvement lent, comme ralenti, suspendu, surprend par sa radicalité. 
On dit qu’elle tombe mais c’est faux, la nuit noie.
Perle Vallens

Actualité·événement/festival·photo couleur·photo n&b·photo-poème·poéie concrète / graphique·poésie·vidéo-poème

Retour en images sur le festival Charly, les Rencontres de la Velouse

Le festival est terminé mais les expositions restent en place à Charly (Cher) jusqu’au 10 septembre : poèmes graphiques/photo-poèmes en extérieur, vidéo-poèmes dans la « plus petite maison de la poésie » en partenariat avec la Péninsule/Maison de poésie en Cotentin, créée par Adeline Miermont-Giustinati que je remercie pour les photos ci-dessus.

Actualité·événement/festival·photo couleur·photo-poème·poéie concrète / graphique·poésie·série photographique·vidéo-poème

Un photo-poème des Rencontres de la Velouse

Voici l’un des photo-poèmes d’une série de 5, qui seront présentés lors des Rencontres estivales de la Velouse à Charly (aux côtés de deux autres séries de photo-poèmes, de deux poèmes graphiques et de quatre vidéo-poèmes). Si vous êtes dans le Cher en août, passez-y !

photo couleur·poésie

Photosensible

Capteurs photosensibles opérationnels
ce qui s’imprime sur ta peau est toujours
un supplément de désir
ce flux transmis en continu méconnaît
la rigueur comptable des bases de données
mais réagit forcément aux filtres
qu’impose la vie
tu sociabilises et c’est déjà pas mal
l’effacement te parle de la lumière
et c’est toujours une façon de te parler
des autres
Perle Vallens