
ce qui vient
d’absolue nécessité
sans s’énoncer clairement
une valse intérieure un remuement
ne s’estompe pas à la lumière
s’épanouit dans l’ombre
où ce qui ne vient pas
se perd
Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

ce qui vient
d’absolue nécessité
sans s’énoncer clairement
une valse intérieure un remuement
ne s’estompe pas à la lumière
s’épanouit dans l’ombre
où ce qui ne vient pas
se perd
Perle Vallens

Sentiments à sequins et paillettes émotions 100% lamé
ce qui brille ne se voit pas à la lumière du jour
Reversez-moi un peu d’obscurité pour mieux faire scintiller ces traces d’illumination
joie en multiprises à déclenchements simultanés
dont je dénude les fils pour meilleure prise de feu
Perle Vallens
(poème minute, Le parvis, esplanade de Beaubourg, Paris, écrit le 1er janvier 2024)

corps qu’on dirait sanglé exsangue
chair emboutie jusqu’à l’os embossée tremble
chair innervée de vie mais mal ravitaillée par corbeaux d’insomnie
mal nourrie chair dénutrie à teneur aigre de ferraille
chair dissoute dans l’acide d’un sang noir métallique
secrétant des billes comme des soleils surgis en pleine extinction
des brûlures dans les membres innervés de vers grouillants
membres comme amputés pourrissure de bois scié qu’on dirait chiures d’insecte
de quel cocon s’évertuent à venir me grignoter
chaque section alourdie chaque cellule dispersée
l’éclatement observé à la loupe distinguerait l’anomalie
l’œil scrute et scande
l’œil défigure lambeau par lambeau lave de bleu les apparences
l’œil inverse l’impression d’un vertige d’une gesticulation d’un visage double je
malmené de bris de verre de brindille sèche
je crisse et je tout entier crie pour expulser ses eaux usées par la bouche
décharge à ciel ouvert de pluies acides
on dirait la nuit partout tout vibre encore dans le noir
la peau pulse ne sais combien par minute peau de pierre ponce
blanchie par l’éclat led d’une ampoule trop vive lumière qui gâche le grain
l’épiderme se troue et boit tout ce qui pourrait déborder
la peau se brouille craquelée écorce rongée brunie
vieille peau flétrie se débrouille mal avec l’ombre qui rampe et recouvre
ses serpents grimpent gravitent tout autour dévorent
c’est un enfouissement une disparition dans les mains serrées des regrets
vivante mais
peut-être déjà morte
Perle Vallens
avec la mise en page, si jamais wordpress ne respecte pas, comme cela arrive parfois…







La nuit déployée lente aile battante
lente de souffle lent de silences contenus de nécessaires ardeurs tues
la nuit ses caresses incertaines dont on ne sait si douce ou mordante
si nous couvre ou nous rejette
dans nos incertitudes
la nuit chasse nos vêtures nous met à nu tellement fragiles
tellement faillibles mal définis ou nourrissons
avant renaissance
la nuit vaste semble descendre et remonter des profondeurs
jusqu’au ventre remue reflue noire et dense
vers l’ossature
la nuit nous brûle ou fait-elle semblant du moins nous consume
la nuit sans effroi mais le coeur gonflé
de percevoir tant de sons infimes microscopiques
la nuit acoustique ses basses fréquences et ses échos
nous tambourinent peau de vibrations
en résonance
la nuit nous danse
elle nous dessine de ses ombres
pas même un mot et tous les sens
en fusion ou en transe
la nuit est la nuit et nous la nuit
sous hypnose
La nuit n’est pas si noire qu’on le dit, elle n’est pas seulement obscurité et trouble, dans l’ombre on décèle si l’on plisse les yeux, une lumière qui décolle les cils, un à un
Perle Vallens
Atelier Mater avec Sandrine Cnudde
26/10 enlever/supprimer
Je balbutie mes rêves sans savoir vraiment
s’il faut enlever ou ajouter des métaphores
aux messages
s’il faut supprimer le flouté l’effet dansé qui ressemble un peu à la joie
qui ressemble à la vie
PV
27/10 bête
Cette bête féroce monstrueuse qui sommeille
en moi
sait aussi miauler et te mangera dans la main
pourvu que tu saches la dompter
sinon c’est elle qui te dévorera
PV
28/10 scintiller
L’œil braque
le soleil ses faux fuyants
le meilleur comme le pire
ce qui scintille luit aussi bien qu’il aveugle
PV

29/10 destruction massive
Qui sait entendre le silence
les traces décimées
les fumées de phosphore
toutes armes de destruction
massive
Qui sait où commence et où finit
le principe d’auto-défense
PV
30 se précipiter
S’ouvrir la poitrine, y faire entrer le monde est ce geste chirurgical, précautionneux avec lequel on s’avance à découvert, on s’expose, on se met à nu pour faciliter la greffe. La part de l’autre entrée en soi. Ce qu’il faut c’est procéder lentement, sans se précipiter, avec l’assurance nécessaire, la confiance. Lier sans fuite ce moi à son alter ego.
PV
31/10 feu
Au-delà du feu il y a encore du feu. Il y a la chaleur du feu, l’ombre du feu. Il y a les braises et les cendres. Il y a le souvenir du feu. Le souvenir du feu, c’est encore du feu.
PV

Tout le monde le sait, la langue est un muscle. Nous préconisons une approche originale pour la travailler, un entraînement hybride. Il s’agit d’alterner des phases intensives et d’autres plus douces, d’endurance, avant celle de récupération.
D’abord, il faut échauffer, tendre et relâcher, la tirer, la soulever, la soupeser, tirer à nouveau dessus pour l’assouplir.
Quand la langue est prête, on peut commencer les premiers exercices. On prononce sans effort des mots faciles, sans grande signification, des mots anodins, indéfinis.
Puis, vous passerez à l’étape supérieure. Vous devez toujours et avant tout penser au phrasé, au niveau sonore, à bien faire tinter les voyelle, bien poser les consonnes. Pensez aussi à interpréter la ponctuation, parfois même, chantez-la.
L’accélération requiert une force cardiaque pour articuler les mots compliqués ou ceux qui engagent. Attention de ne pas vous laisser submerger par l’émotion des mots. Certains sont véritablement traîtres, ils nous terrassent avant même de les énoncer. Certains mots nous assassinent. Pourtant, il faut s’accrocher et les dire tout de même. De plus en plus fort, de plus en plus vite pour les faire entrer dans le cœur à coup de langue. Il faut que la langue joue les mots, qu’elle les crie si besoin, qu’elle fouette les mots, jusqu’au sang.
Dans une seconde phase, il faut enchaîner des mots, des mots, des mots, ventiler, inspirer, des mots, des mots, des mots, maîtriser l’allure, la diction, le souffle, des mots, des mots, marathonez un peu, cela fait du bien à la langue
A la fin, on laissera retomber le rythme, l’énergie, la douleur ressentie, lentement, sans pression, en respirant profondément, jusqu’à ce que la langue se relâche totalement, qu’elle reprenne une position normale dans la bouche, positionnée au repos, contre le palais. Alors seulement, le silence pourra réinvestir la place.
A la fin, tous les organes auront retrouvé le calme, au niveau le plus bas, d’avant l’entraînement.
Perle Vallens

Ce photo-poème a été exposé au festival Charly en août/septembre 2023.
6/10 doré
le doré de l’idole est un vertige
un mensonge d’identité
où perce pantone pisseux
pour qui gratte le revêtement
PV
7/10 goutte
La fatigue déposée en gouttes
sur le corps anesthésié
noyé l’œil ploie au seuil du sommeil
la narcose est un désert
PV
8/10 crapaud
Se dévide de son fiel
tout entier contenu dans sa gorge
son goitre de crapaud
qu’on voudrait racler
de son acrimonie
PV
9/10 rebond
selfies s’envoient en sauf-conduits
swipés façon de s’accorder
sur nos rebonds d’après chutes
quoiqu’on en dise l’image se brouille
dans les remous
PV

10/10 fortune
le cœur vous prie d’agréer
l’expression de son aptitude émotionnelle
demeurée intacte
et ajouterait en post-scriptum
contre mauvaise fortune etc
PV
L’un de ceux exposés au festival Charly en août-septembre 2023.
