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Chatte

Quand tu tombes, tu tombes
à la renverse, sens dessus-dessous
la tête la première, tête dure heureusement
les quatre fers d’une monte en l’air 
Une fille qui tombe sur un os et même tout un squelette 
dans le panneau qu’on dirait fenêtre
les yeux grands ouverts
et regarder en face le vide ou à l’envers
Ça ne fait rien si tu tombes, tomberas trois fois
Tu t’en fous, t’as neuf vies de chat
©Perle Vallens

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Canif

On creuse la terre pour y enfouir la douleur. On creuse le sable pour l’essoufflement. On creuse son ventre pour y trouver la vie. On l’aurait enterrée trop tôt, elle grouillait comme un estomac impatient.
On trouve des terrains vierges à repeupler, des mouvements de force et des séismes dans le souffle profond. On trouve une respiration sans écailles, crue, nouvelle née dans l’écorce. Et là, enfoui, le courage d’écorner de son canif tout neuf.
©Perle Vallens

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Des mots sous les pas



Faire quelque chose ou ne rien faire qui ne serait de l’ordre du sacrifice
d’une résistance au doute s’offrir sa propre résilience
juste le silence pour réparer trois pièces essentielles
trois éléments en remerciement d’une gestation
le geste où manque le combustible
ce qu’il y a d’impossible à comprendre
le besoin de consolation ou l’endormissement
s’engourdir dans la froidure des choses
dans la clarté nouvelle le bruit dans la neige
le craquement des mots sous les pas
©Perle Vallens

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Attendre l’inattendu

Il y a de l’inattendu quelque part. Il y a de l’inatteignable. On attend d’être surpris. 
On s’était assoupi, on dormait. On s’attendait à être réveillé par l’inattendu. On était bloqué par l’inaction. On nous avait coupé les mains. On nous avait allongé pour attendre mieux. On nous l’avait promis, le mieux. On ne voyait toujours rien venir. Ni la promesse, ni l’inattendu.
Restait l’inatteignable.
©Perle Vallens

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Mains sales

Mains sales, mains basses
mains impressionnistes par petites touches
par touchers très à cheval sur les convenances
qui se chantent comme complaintes
mains de complaisance
mains de faveurs brèves
mains travailleuses si on leur demande
l’effet de l’usage blessées aux jointures
de trop de mots encrés
de trop de doigts montrant le chemin
mains bavardes plus qu’on ne pense
©Perle Vallens

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Mauvais oeil

Mon œil ne voit que d’un côté. Mon côté ne voit que d’un œil. Le bon côté pour le mauvais oeil. Mauvaise humeur dégringole de mauvais oeil. Mauvaise augure pour gravir la côte du jour. Mauvaise foi pour croire que la nuit ne tombera pas du mauvais côté. 
©Perle Vallens