
Viens donc voir si la rose a caché ses épines, dardées sous les cils, acier qui brille, brins de métal. Viens voir si elle a gardé ses pétales, ceux qu’elle n’a pas encore perdu, qu’elle ne t’a pas offerts, une soie défraîchie, une couleur passée, un charme ancien embaumé de sépia, ce petit rien de précieux, elle n’a plus que ça.
Viens donc voir si la rose a encore une fragile douceur, une embellie fugace, si elle s’empourpre l’âme ou si elle la bleuit, si s’échappe au loin la brume de son lit, si ses larmes s’envolent, parsemant d’eau de pluie ses feuilles tapies sous la robe, l’arsenal qu’elle dissimule. Viens voir par là, vois tu la rose, elle n’attend que toi, que tu la cueilles encore, et qu’encore elle repousse sous tes doigts…
©Perle Vallens








