Poursuite de ce « feuilleton » de mai et changement d’ambiance, intérieur à nouveau pour ce troisième jour.
Catégorie : poésie
La Laune, jour 2
Suite des vidéo-poèmes de résidence à La Laune, chez les avocats du diable/au diable vauvert. Deuxième jour.
Si la vidéo se clôt sur une journée en intérieur,il s’agissait surtout de la matinée. Le soleil est arrivé en début d’après-midi et je suis finalement sortie marcher alentours.
Moins d’animaux sortis, peu d’humains sur les chemins, on était samedi, et surtout week-end de féria, et tout le monde est probablement à Nîmes, comme tous les afficionados de la maison d’édition.
Du corps du poète au corps poétique
Présente dans la nouvelle anthologie de l’association Embarquement poétique, dirigée par Maryline Bertoncini, sur le thème/titre Du corps du poète au corps poétique, que l’on peut acquérir ici.
L’anthologie sera présentée lors du Marché de la poésie, le vendredi 21 juin à partir de 17h, au 58 rue Madame à Paris.



Captations vidéos/montage vidéo après la lecture du 21 juin :
La Laune, jour 1
En résidence pour 15 jours à la Laune (Vauvert), avec avocats du diable/au diable vauvert, je vous propose un journal sous forme de vidéo-poème à suivre, quotidiennement si c’est possible, ou tous les deux jours, ici, et sur youtube (et bien sûr instagram et facebook). Voici le premier jour :
Discussion et lecture à la médiathèque d’Aigues-Mortes

A partir de demain et jusqu’à la fin du mois, je serai en résidence à l’invitation des Avocats du diable/au diable vauvert, à La Laune (Vauvert) en petite Camargue, pour la seconde fois (la première c’était suite au Prix de la Nouvelle Erotique dont j’étais la lauréate 2021). A cette occasion, je serai mardi 21 mai à 18h00 à la médiathèque d’Aigues-Mortes, l’une des trois du réseau Médiathèques Terre de Camargue, pour un échange animé par Philippe Béranger des avocats du diable/au diable vauvert, et des lectures (peggy m., ceux qui m’aiment et divers autres textes publiés en revues notamment).
Si vous êtes dans ce coin-là à cette date, venez, je serai heureuse de vous y croiser (et j’aurai quelques exemplaires de livres avec moi : peggy m., ceux qui m’aiment, Faims, Que jeunesse se passe).

Une fulgurance

dans la nuit, rien, le calme, la quiétude
et puis d’un coup le rouge envahit tout
dans le blanc de l’œil se tend et repeint les murs
couleur sang
une fulgurance
la mâchoire de fer d’un animal s’est refermé sur moi
ses dents ne se comptent pas elles son des dizaines elles sont indénombrables
elles sont mobiles et se déplacent sans que je sache où à l’avance
elles s’assemblent en un point précis pour mieux mordre
plus en profondeur
elles ne veulent pas lâcher ma chair ce qu’elles veulent : la déchiqueter
elles sont affamées
elles en veulent à mes muscles
comme quelque chose de lent et d’incisif à la fois
qui se tortille et me tord dans l’indéfini
quelque chose qui me triture
m’emprisonne entre quelques millimètre de parties molles
depuis la cage s’élève en ondes en ailes froissées
irradiation d’un oiseau malade qui progresse par à-coups
ses secousses résonne de sa déraison
quelque chose me contraint plaquée à terre
et me ceinture de son emprise de sa brûlure
ce qui flotte n’est rien d’autre qu’un feu qui me ronge
un feu déjà vu qui revient à la charge
Perle Vallens
Le nom dans Miroir

Le nom est paru hier dans la revue Miroir, qui regroupe chaque mois quelques textes écrits durant les ateliers d’écriture animés par Laura Vazquez. Merci à Benjamin Milazzo !
ce que tes yeux emprisonnent

Rappelle toi, tu étais là toi aussi
tes yeux étaient là, ils ont vu
ras les cils ce qui s’infiltrait d’insupportable
tes yeux n’ont rien dit de l’effroi
ils sont restés silencieux
Je sais très bien pourquoi et je vais te le dire
la pluie du déni les a lavés
chacun des deux yeux visibles
et de tous les autres yeux
de ceux qu’on a à même la peau
ou sur le bout de la langue
chacun a chassé l’image passée sous silence
le reflet visible et invisible chaque effet de nos désertions
nos yeux à tous restés intouchables
Toi et moi tirons au sort nos regards
captifs des illusions
quelque chose chante dans le nerf optique
quelque chose qui berce
que fait germer la lumière
et ça nous pousse à l’intérieur nous sort par les yeux
et c’est une clarification soudaine
chaque situation nouvelle
couchée dans le regard jusqu’à l’éveil
jusqu’à sa révélation nécessitera un relevé de paupière
Es-tu conscient de ce que tes yeux emprisonnent ?
Perle Vallens
2 poèmes dans Lichen
Extrait d’un mini recueil intitulé Appel d’air, deux poèmes à lire dans la revue en ligne Lichen.

Baiser (une idée de)

Bouche camouflage au bord du rouge un message caché tient dans une seule phrase
sauras-tu le déchiffrer de tes propres mots mis bout à bout suffisamment de longueur pour ceindre le tour de ma taille
cherche ma bouche de midi comme trésor sans piste balisée comme zénith d’un désir à répétition qu’on se repasse de main en main qu’on se répète électrique
ma bouche scannée à ta bouche renouvelle son paysage en revisite de courtoisie en partage de parties communes d’une langue à l’autre faire l’état des lieux
d’une virgule changer la ponctuation rallonger la longueur de la phrase ajuster la logique du plaisir
le baiser désigne les lèvres comme principe d’action réciproque et osmotiques les salives échangées
Perle Vallens