photo n&b·poésie

Artichaut

douche froide l’effeuillage
d’artichaut
l’œil ivre s’entraîne à dénuder
les fils une faveur donnée
à l’électrocution facile du cœur
tachycarde saccadé convulse son manque
ce massage cardiaque
qui relance le désir et qu’exécute le praticien
celui des mieux disposés son entrain manuel
habile à la manœuvre
le franchissement barbelé du souvenir
érafle légèrement en surface
mais d’une flèche qui transperce
la peau déformée à laquelle on espère
qu’une main aimée se conforme


Perle Vallens

atelier Tiers Livre·écriture·photo négatif·poésie

Blanc

Blanc
où la trace s’enfonce
jusqu’à disparaître

s’ouvre un passage vers
espace à haute teneur
déracinée indéfinie frontière
entre l’avant et l’après

irréel
comme trop réel
évanoui

ce qu’il reste de violence en nous
éparpillée
impressions mortes
mais résurgence d’un souvenir

hypnose
sensation concentrationnaire
l’enfermement des mots
d’où rien ne surgit

chasse sur les terres
de personnes qui ne sont pas moi
à la recherche de l’autre
ce merveilleux

l’inconnu dérive
longues distances à parcourir
pour parvenir

là où l’amorce
la continuité flirte avec la discontinuité
en permanence

hameçonnée l’émotion
accrochée la transe
l’agencement sans pareil
inabouti certes
dansée l’instance
du semblable

un flottement
déraisonné flou
longiligne
dans la main tendue

l’étrange étrangeté se confronte
sans se confondre

en pluie tombés morceaux de moi
pièces d’un puzzle
pour un assemblage
plus grand

Perle Vallens

 

avec André Michaux

photo n&b·poésie

Sororité

on regarde depuis la face cachée de l’iceberg
tant d’amas de particules de cellules
tant de corps empêchés mais invaincus
noués déjà vus mille fois
on regarde ce qui se laisse dévorer
sans consentement et ce qui se relève
pouls à tout rompre – les os et les pierres
on regarde surgir côte à côte dans nos silences intercités
et nos pensées trop grande vitesse
pour écouter notre culpabilité et notre insouciance
où il est question de survie
on regarde avec la nécessité vivace
depuis nos yeux inversés trouver la force
de crever l’obscurité


l’œil plein embrasse
pile au centre de la paupière
l’œil plein de celles ne cligne pas
absorbe s’évase marathonne horizontal
c’est une expansion
non pas un assaut mais une assise
bordure où se poser suspendue
tracer son équilibre se tenir en tension
celles comme un seul bras
s’appuyant et soutenant tour à tour
vertébrale chacune
ossature d’un seul dos

Perle Vallens

 

ciné-poème·poésie·vidéo-poème

Trébucher sur l’aiR Nu

Après ce chant de caresse, voici Trébucher, une nouvelle création sonore et visuelle pour le site l’aiR Nu/rubrique c’est entendu, un vidéo-poème, et même un ciné-poème puisqu’imagé par un extrait des Temps modernes de Charlie Chaplin sur les sons 39, 49, 65 de la sonothèque du site. c’est très court, ça dure 30 sec et c’est à voir en suivant le lien de l’aiR Nu.

photo retouchée·poésie

Captcha

Captcha qui fait de moi 4 véhicules à moteur 
ou 3 arbres ou 5 panneaux indicateurs
La couleur de mon identité est rouge comme un camion de pompier
ou bleu comme un ciel sans nuage 
Sélectionnez l’image correcte 
Captcha à valider 
quel réflexe quel effet de lumière contourne le défaut d’authentification
de différenciation d’un humain qui aurait perdu son corps
qui l’aurait égaré entre le pouce préhenseur et l’index qui swipe
Non, je ne suis pas un robot 
Non, je ne suis pas un imposteur numérique
Là où je suis des racines poussent
et le vert devient plus vert que des milliers de pixels
sans oxygène
Perle Vallens