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Le thème du corps dans les Nuits de la Lecture 2024

Le corps est un thème récurrent, tenace, obsessionnel. Rien d’étonnant donc que je lise à la librairie L’Orange Bleue, le jeudi 18 janvier à partir de 19h00 à l’invitation de Michèle Pouget de l’association Orange Passion Livre. à l’occasion des Nuits de la lecture. Au programme, lectures dans l’escalier, avec des lycéens, des membres des ateliers d’écriture, des comédiens des troupes locales de théâtre et des membres du Café Litteraire. Une scène ouverte à laquelle je participerai avec grand plaisir !

photo couleur·photo-poème·poésie

sequins et paillettes

Sentiments à sequins et paillettes émotions 100% lamé
ce qui brille ne se voit pas à la lumière du jour
Reversez-moi un peu d’obscurité pour mieux faire scintiller ces traces d’illumination 
joie en multiprises à déclenchements simultanés
dont je dénude les fils pour meilleure prise de feu

Perle Vallens


(poème minute, Le parvis, esplanade de Beaubourg, Paris, écrit le 1er janvier 2024)

photo n&b·poésie·prose

Meilleur aperçu

Nous avons élargi tant d’épaules et tant de cœurs
et tout ça sans les mains

Nous avons uni des langues foisonnées
sans amalgame ni fusion
sans même un doigt sur les lèvres pour ne rien taire des mots à venir

Nous avons levé les yeux depuis l’écart entre la ligne de fuite et l’espace qu’occupent les pieds
leur ancrage dans le sol

Nous avons ouvert des voies des clameurs
de nouveaux cycles
l’éclaircie comme éclairage d’un réel possible
des accalmies attendues

Nous avons soulevé le vent
pour un meilleur aperçu de la vie

Perle Vallens


(poème minute, Le parvis, esplanade de Beaubourg, Paris, écrit le 1er janvier 2024)

poésie

pousser la porte

J’entre dans 2024 comme un enfant trépignant opiniatre
un enfant gâté avide de vie pure de vivacité
d’intenses balancements entre je et nous
d’ivresse sans gueule de bois du jour d’après

j’entre dans janvier comme un déjà vu pourtant
déjà ressassé tant de débuts qui ressemblaient à des premières fois
mais visage fake de nouveauté de repartages d’images instagrammées

tant de fois déjà ce décompte des jours
l’agenda vide au fond du ventre
et le cœur battant ses semaines au galop
éperonner comme on épelle chaque lettre de l’attente
et de l’espoir resté intact

Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·photo négatif·poésie·prose

Absence

Rien ne frotte
Aucune étincelle d’aucun silex
aucune flamme ne naît des braises déjà soufflées
Le feu est là quelque part mais ne se réveille pas pour faire brûler
et ce qui ne brûle pas s’éteint

Rien ne murmure rien ne chante
la voix a disparu
la bouche de la voix a disparu
le visage de la bouche de la voix a disparu
Il n’y a plus de vent assez fort pour la porter

Il n’y a plus de marée pour me nourrir
plus de lumière pour me guider
dans l’horizon plus de montagnes à escalader
tout est plat à perte de vue

Il n’y a plus de chemin où poser mes pas
la route prévue a été coupée
chercher revient à ne pas trouver
se pencher dans le vide revient à tomber

Perle Vallens

photo n&b·poésie

je, l’étranger

sur un horizon bas de gamme
nous défleurissons
précocement tombés dans l’âge adulte
des joues débordées par le désir
la langueur et la mélancolie
la morsure du dimanche soir
promotion sur les lendemains qui déchantent
deux jours pour le prix d’un qui vaille la peine
c’est comme dire un tiens vaut mieux que deux tu l’auras
nous cumulons les mauvais choix par crainte
de ce qui crépite au fond d’un lit
c’est le caractère d’urgence
irréversible
ce qui démange nous jouera des tours
ce qui se digère mal au fond c’est le prix à payer
d’une sueur inconnue
cet autre je qui nous est étranger
Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·corps·photo couleur·poésie

Corps exsangue

corps qu’on dirait sanglé                exsangue
chair emboutie jusqu’à l’os                   embossée tremble
chair innervée de vie                mais mal ravitaillée                   par corbeaux d’insomnie
mal nourrie               chair dénutrie à teneur aigre               de ferraille
chair dissoute dans l’acide d’un sang noir                métallique
secrétant des billes comme des soleils                 surgis en pleine extinction
des brûlures dans les membres                  innervés de vers grouillants
membres comme amputés                  pourrissure de bois scié                  qu’on dirait chiures d’insecte
de quel cocon s’évertuent à venir me grignoter
chaque section alourdie                     chaque cellule dispersée
l’éclatement observé à la loupe distinguerait l’anomalie
l’œil scrute et scande
l’œil défigure                  lambeau par lambeau                   lave de bleu les apparences
l’œil inverse l’impression d’un vertige              d’une gesticulation               d’un visage double je
malmené                  de bris de verre                    de brindille sèche
je crisse              et je tout entier crie pour expulser               ses eaux usées              par la bouche
décharge à ciel ouvert               de pluies acides
on dirait la nuit partout              tout vibre encore dans le noir
la peau pulse ne sais combien par minute                 peau de pierre                 ponce
blanchie par l’éclat led d’une ampoule trop vive lumière qui gâche le grain
l’épiderme se troue et boit tout ce qui pourrait déborder
la peau se brouille               craquelée                écorce rongée               brunie
vieille peau flétrie se débrouille mal avec l’ombre qui rampe et recouvre
ses serpents grimpent gravitent tout autour              dévorent
c’est un enfouissement              une disparition                     dans les mains serrées des regrets
             vivante mais
                               peut-être déjà                   morte

Perle Vallens

avec la mise en page, si jamais wordpress ne respecte pas, comme cela arrive parfois… 

Actualité·écoute audio·Mange tes mots·poésie·podcast·prose

Alejandra Pizarnik à l’honneur dans Mange tes mots

Ce nouvel épisode de Mange tes mots est sur la citation de Alejandra Pizarnik « Je m’habille de cendres » et sera diffusé aujourd’hui à 18h00. Je suis heureuse de participer à nouveau à ce podcast poétique, c’est toujours une écoute riche, enchanteresse pour les oreilles et la tête. Le texte que j’ai mis en voix s’intitule Feinter l’anthracite.
Voici le sommaire de cet épisode #24 de Mange tes mots. Bonne écoute !